Society for American Baseball Research - Quebec

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 CHAPITRES
Introduction
1. Historiographie et problématique
1.1 Sport Amérique du Nord
1.2 Sport Canada/Québec
1.3 Baseball Canada/Québec
2- Origines et développement du baseball à Montréal (1860-1915)
2.1 Origines (1860-1890)
2.1.1 Mythes et réalités
2.1.2 Contexte socio-économique
---- Le baseball itinérant
2.2 Développement du baseball organisé (1890-1915)
2.2.1 Contexte socio-économique
2.2.2. Épanouissement et structure du baseball
---- Le réseau collégial
---- Le baseball professionnel
---- Le baseball amateur
---- Le baseball semi-pro
3- L'américanité dans le baseball à Montréal
3.1 Contexte historique
3.2 Deux exemples d'affrontement
3.3. Opposition sport amateur et professionnel
3.4 Le baseball au sein des dualités
4- Couverture journalistique du baseball à Montréal (1876-1914)
4.1 Contexte de l'évolution des journaux francophones à Montréal
4.2 Fonction des journaux francophones
4.3 Évolution de la terminologie
4.4 Francisation de la terminologie
Conclusion
Bibliographie
« Baseball, américanité et culture populaire. Histoire du baseball à Montréal (1860-1914) » d'Éric Coupal, mémoire de maîtrise présenté à l'UQAM en 2001.

1. Historiographie et problématique

            

1.1  Historiographie

L’histoire du sport est un champ d’étude récent. Avant 1940, l’histoire du sport est ignorée, trop anecdotique n’apportant que trop peu à l’histoire narrative. Le développement de l’histoire sociale provoque un éclatement des champs d’étude. Cela permettra, entre autres, au sport d’avoir sa propre légitimité historique. D’une histoire narrative, les historiens se tournent vers une histoire-problème, une histoire fragmentée qui en élargit les cadres. Il faut cependant attendre à la fin des années 1970 pour trouver des oeuvres significatives en ce qui a trait à l’histoire des sports tant au Canada qu’aux États-Unis.

         Or, cette historiographie demeure sélective puisqu’elle ne se concentre que sur l’histoire des sports en Amérique du Nord depuis le 19e siècle. Cette historiographie, restreinte au continent nord-américain, vise à créer un cadre balisé pour éviter l’égarement et l’impertinence en regard du sujet ici traité.  Nous verrons, dans un premier temps, les deux plus importantes approches théoriques de l’histoire des sports en Amérique du Nord depuis le 19e siècle : l’approche libérale et l’approche marxiste. Dans un deuxième temps, nous nous concentrerons sur l’histoire du sport au Canada et au Québec depuis le 19e siècle. Dans un troisième et dernier temps, nous verrons comment le baseball a été étudié au Canada et au Québec.

 

1.1.1    Historiographie du sport en Amérique du Nord depuis le 19e siècle

Depuis près de 15 ans, l’histoire des sports s’est établie comme l’un des questionnements importants de la nouvelle histoire sociale[1]. Le sport est désormais considéré comme une composante importante du développement social et culturel d’une collectivité. L’histoire sportive récente en Amérique du Nord met l’accent sur le 19e siècle et la transformation socioculturelle qui accompagne le développement du capitalisme industriel moderne. L’historien Colin D. Howell dans son ouvrage Northern Sandlots, A Social History of Maritime Baseball distingue deux approches dans l’historiographie du sport en Occident: l’approche libérale et l’approche marxiste.

 

1.1.1.1  Approche libérale

            Les tenants de l’approche libérale mettent l’accent sur l’émergence de la culture sportive dans les sociétés urbaines et industrialisées depuis le milieu du 19e siècle. Ils appuient leurs travaux sur l’analyse fonctionnelle[2]. Ils insistent sur l’étude des relations qui existent entre les éléments culturels du sport et l’ensemble socioculturel que représente la société.

L’historien Allen Guttmann est probablement l’un des premiers à jeter les bases de l’approche libérale. Dans son étude From Rituals to Records, il départage les sports dits traditionnels caractérisés par leur manque d’organisation et leurs liens étroits avec la religion et les sports dits modernes marqués par la bureaucratisation, la spécialisation et la quantification qui en font des marqueurs historiques uniques[3].  Longtemps spontané et informel, le sport s’est structuré avec des règlements précis, des équipements et des terrains standardisés et une multitude de statistiques sur les performances. Ces développements constituent les fondements de la thèse de la modernisation du sport de Guttmann. Pour lui, les caractéristiques fondamentales de la modernité du sport résident dans sa bureaucratie, sa rationnalisation et son obsession pour les statistiques. Il tend également à expliquer le développement du sport moderne dans la transition d’une société rurale à une société urbaine par la recherche d’un sentiment de communauté en milieu urbain.

Cette recherche d’un sentiment de communauté est également présente dans les travaux de l’historien Steven A. Reiss. Dans ses ouvrages Touching Base[4] et City Games[5], Reiss attribue le développement du sport organisé à l’impact profond de l’urbanisation et de l’industrialisation[6]. À la fin du 19e siècle, l’urbanisation du nord-est américain bat son plein. Des villes comme New-York et Philadelphie voient leur population augmenter de façon radicale. La recherche d’un sentiment de communauté, explique Reiss, trouve son origine dans l’immensité de la ville. Les gens ressentent le besoin de créer des liens sociaux et culturels avec d’autres citadins partageant les mêmes intérêts.  La formation d’une organisation sociale permettait donc à ces gens de se retrouver dans un environnement où l’emphase était mise sur les valeurs et les intérêts propres au groupe. Reiss met l’accent sur le sporting fraternity, organisation formée d’hommes de toutes les classes sociales ayant des valeurs et intérêts communs. Majoritairement composé d’hommes de la classe ouvrière, le sporting fraternity s’exprimait dans les tavernes. Les hommes mesuraient leur virilité par des compétitions de tir au poignet, de beuveries et de combats à poings nus[7]. Reiss note également la présence de ces sporting fraternities dans les hautes sphères sociales. Le sport n’était alors que le prétexte à des rencontres sociales entre bourgeois.

Dans son livre Touching Base, Reiss souligne le point de vue différent de l’historien Timothy Breen. Selon ce dernier, un ensemble de comportements spécifiques, comme on en retrouve chez les adeptes de jeux de hasard, devient populaire dans une société ou dans les sous-groupes qui la comprend seulement lorsque cette activité reflète ou exprime les valeurs inhérentes à cette culture[8]. C’est là que se situe selon Breen l’utilité du paradigme du sport dans l’histoire sociale et culturelle. On en arrive donc à se représenter le sport comme une composante culturelle essentielle de la société qui en façonne l’identité.  L’immigrant allemand ou l’immigrant irlandais qui arrive aux États-Unis à la fin du 19e siècle verra dans le sport un moyen agréable de socialiser et de prendre contact avec les valeurs sociales américaines. Breen fonde son observation sur l’anthropologie culturelle. À la manière des anthropologues, il étudie le sport comme composante sociale. Il voit dans le sport et dans les valeurs qui y sont véhiculées le reflet des caractéristiques fondamentales de la  société.

Melvin L. Adelman apporte un autre son de cloche. Pour lui, le sport moderne se caractérise par une organisation formelle de ses activités du niveau local jusqu’au niveau international, d’un accès public aux informations touchant les statistiques et les performances des sportifs à travers les journaux et magazines axés sur le sport. Il explique la modernité du baseball par son passage d’un jeu d’enfants à un sport aux règles standardisées et à l’émergence des données statistiques[9].  Sans réfuter les études de Reiss, Guttmann et Breen, Adelman ne voit pas dans l’urbanisation un élément prédominant de la modernisation du sport. Il croit plutôt que l’un des éléments essentiels de cette modernisation est l’apparition du journalisme sportif à la fin du 19e siècle[10].

 

1.1.1.2 Approche marxiste

L’approche marxiste est fortement influencée par l’histoire sociale du travail. L’émergence au 19e siècle d’une culture sportive serait due aux réformateurs bourgeois. Ces derniers auraient instauré des loisirs contrôlés pour inculquer aux gens une morale et des valeurs uniformes. De ce point de vue, le changement de la nature du sport et des loisirs populaires comprend une continuelle mainmise de la part de ces réformateurs bourgeois. Cela s’applique tant au niveau de la structure même du sport et de son accès qu’au niveau de ses visées sociales. Cette mainmise a pour origine, selon les marxistes, l’inégalité sociale et économique inhérente au capitalisme.  Pour eux, le sport d’équipe offre une ressource culturelle à ceux qui sont assujettis au désir des bourgeois de faire du sport un instrument de contrôle social et de domination. Plutôt que de voir dans le sport un agent de sociabilité comme le pensent les tenants de l’approche libérale, les marxistes y voient au contraire un espace contesté où les conflits de classe et ethniques sont omniprésents.

            Dans son ouvrage Class, Sports, and Social Development, le sociologue Richard Gruneau analyse le sport dans le contexte historique du capitalisme économique et idéologique du 20e siècle. Il confère au sport un haut degré d’autonomie dans l’expression des aspirations tout azimut des classes sociales[11]. Gruneau suggère que les sports constituent des pratiques sociales s’intégrant dans le cadre des relations de pouvoir. Il soutient donc, que ces pratiques sont susceptibles d’être contestées et redéfinies par les travailleurs, les femmes et les divers groupes ethniques. Ses travaux ont inspiré bon nombre d’historiens à traiter le sport et le loisir comme un moyen de domination et de résistance de classe.

Pour l’historien Raymond Williams, le développement du sport, comme le baseball par exemple, comprend ce qu’il appelle social relations of cultural production[12]. Williams l’explique en notant que la disparité et la spécificité historique des conflits, des négociations et des compromis entre dominants, subordonnés et groupes opposés font partie intégrale des composantes culturelles de la société.

Le politicologue Claude Hurtebize a observé que la diffusion du sport à l’échelle de la planète se produit parallèlement à la constitution du marché mondial et des empires coloniaux[13]. On a qu’à penser au criquet, sport très british, qui figure parmi les sports importants aux Indes. Peter Rummelt partage le discours de Hurtebize en affirmant que la diffusion des sports modernes en Afrique, par exemple, est, ni plus ni moins que du colonialism at work[14].

André Gunter Frank, Fernando Cardoso et Immanuel Wallerstein voient l’expansion du sport moderne comme une composante essentielle du développement de la dépendance de la périphérie sur le système mondial[15]. On assiste alors à l’extinction des loisirs traditionnaux et indigènes aux dépens des sports modernes. Cela constitue, à leurs yeux, une catastrophe culturelle causée par l’hégémonie des sports occidentaux. Le politicologue Antonio Gramsci nuance les propos de ses collègues en soutenant que les relations politiques entre les réformateurs et les réformés ne peuvent résulter simplement de la domination absolue des uns, ni pas la soumission absolue des autres[16]. Pour Gramsci, on est en présence d’un impérialisme culturel plutôt que de l’hégémonie culturelle prétendue par Frank, Cardoso et Wallerstein.

Dans la foulée de Gramsci, le sociologue hollandais Ruud Stockvis privilégie aussi l’impérialisme aux dépens de l’hégémonie. Il croit que la popularité d’un sport dans un pays dépend de la puissance économique et politique de ce pays dans le marché mondial. Les sports pratiqués par les pays jouissant d’une puissance économique et politique vont être adoptés par les pays plus faibles tombés sous leur sphère d’influence[17]. Il ne faut donc pas s’étonner de constater que  l’Angleterre et les États-Unis soient parmi les seuls pays où le sport ne s’est pas développé sous l’influence étrangère.

 

1.1.2 Historiographie du sport au Canada et au Québec depuis le 19e siècle

L’histoire du sport au Canada et au Québec demeure un champ historique relativement nouveau. L’historiographie en est, par conséquent, très limitée. Il faut attendre au milieu des années 1980 pour retrouver des synthèses traitant du sport au Canada. History of sport in Canada[18] publié sous la direction de Maxwell L. Howell et Reet A. Howell constitue le premier ouvrage traitant du  sport au Canada depuis ses débuts jusqu’au temps présent. Cet ouvrage collectif constitue un immense travail de défrichement. La trame principale se résume au développement du sport au Canada décrit de façon chronologique. L’historien Don Morrow créera lui aussi un ouvrage collectif : A concise history of sport in Canada[19]. Il y traite de thématiques comme «Montréal : capitale du sport au Canada», «le sport au féminin» ainsi que le développement de différents sports. Bien que généraliste, cette étude nous permet d’entrevoir les différents aspects de l’histoire des sports au Canada.

 Les travaux de l’historien Alan Metcalfe ont influencé fortement la production des travaux sur l’histoire des sports au Canada. Dans son livre Canada Learns to Play, Metcalfe mise sur les changements démographiques et la composition ethnique pour expliquer l’émergence du sport au Canada. Il met principalement l’accent sur le rôle dominant de la classe moyenne anglaise dans l’émergence du sport en milieu urbain. Metcalfe se dissocie de l’approche moderniste défendue par Guttman puisque selon lui, l’étude du sport dit moderne n’est valide que dans un contexte de modernisation. Il note également qu’en axant sur la modernisation, on oublie trop souvent le facteur humain qui est la véritable variable du développement du sport[20]. Metcalfe préfère parler de sport organisé plutôt que de sport moderne. Pour lui, un sport est organisé lorsqu’on retrouve une structure de compétition, une réglementation et une entité assurant son contrôle.

 L’histoire du sport au Québec, principalement celle des Canadiens français, a été peu étudiée. Parmi les historiens francophones, deux seuls méritent notre attention :  Donald Guay et Gilles Janson. Dans les synthèses historiques du sport au Canada, la ville de Montréal demeure le lieu privilégié du sport au Québec. Elle est d’ailleurs considérée à plusieurs égards comme la capitale du sport au Canada à la fin du 19e siècle[21]. Cependant, mis à part Guay et Janson, peu d’historiens ont traité du développement et de l’influence du sport chez les Canadiens français.  Mis à part Alan Metcalfe qui y a consacré un court article dans la revue Loisirs et Société/Society and Leisure[22], la contribution des historiens à l’étude du sport pratiqué par les francophones demeure minime.

L’historien Donald Guay peut être considéré comme le pionnier dans le domaine. Son essai sur le sport, La conquête du sport : le sport et la société québécoise au XIXe siècle, demeure l’ouvrage de référence sur l’histoire du sport au Québec. S’appuyant sur les concepts de culture, de nation, de système culturel et de sport, Guay étudie la place du sport dans la culture québécoise. De son propre aveu, cette étude s’inscrit dans le courant de l’anthropologie culturelle[23]. Tout comme Reiss et plusieurs des tenants de l’approche libérale, Guay utilise la méthode fonctionnaliste pour interroger son sujet. Contrairement aux libéraux, Guay insiste sur la relation entre le sport et la culture sociale plutôt que la modernité elle-même. L’historien Gilles Janson cherche, dans son livre Emparons-nous du sport, à observer la lente formation d’une culture sportive chez les Canadiens français à Montréal au 19e siècle,  dans un milieu où la bourgeoisie anglaise domine[24]. À partir des journaux de l’époque, Janson nous explique le développement du sport chez les Canadiens français à travers ses athlètes, ses clubs et associations, ainsi qu’à travers ses promoteurs.

 

1.1.3 Historiographie du baseball au Canada et au Québec

L’ancrage historique du baseball est fortement américain. Ce sport y a été considéré comme le passe-temps national pendant plus d’un siècle. Le statut du baseball au Canada est tout à l’opposé. Bien que ce sport ait été d’une grande popularité dès les années 1880, les historiens ont surtout concentré leurs études sur les sports d’origine britannique ou purement canadien comme la crosse et le hockey.  En ce sens, les résultats des travaux sur le baseball au Canada et au Québec sont très minces. Les raisons demeurent obscures. Nous avons trouvé des histoires du baseball dans les synthèses d’histoire des sports au Canada et au Québec, mais il n’existe que quelques ouvrages traitant intégralement de l’histoire de ce sport.

 Diamonds of the North[25] de l’enseignant ontarien William Humber demeure à ce jour la seule synthèse de l’histoire du baseball qui couvre l’ensemble du Canada. Il y dresse l’histoire de l’émergence du baseball depuis les présumés débuts à Beachville (Ontario) en 1838 jusqu’à la seconde conquête de la Série Mondiale par les Blue Jays de Toronto en 1993. Mis à part cette étude, l’histoire du baseball au Canada n’est traitée qu’en partie dans des synthèses d’histoire du sport au Canada ou dans des histoires locales. Il est toutefois important de s’arrêter sur l’étude effectuée par l’historien Colin D. Howell. Cette étude diffère du courant général en histoire des sports au Canada.

Colin D. Howell a produit une analyse sur l’histoire du baseball dans les provinces Maritimes, Northern Sandlots, entre le milieu du 19e siècle et les années 1960. S’appuyant sur l’approche marxiste, Howell enquête sur les paradigmes d’autorité et de résistance dérivant d’un système inégal de relations de pouvoir dans un mode patriarcal dicté par le système capitaliste[26]. Cela se traduit par un accent mis sur la participation des minorités ethniques et religieuses ainsi que celle des femmes aux activités sportives et de loisir. Il oppose en ce sens les réformateurs religieux et bourgeois aux marginaux pour nous montrer les clivages sociaux présents dans les diverses communautés des provinces maritimes. Les minorités ethniques, religieuses et les femmes représentent pour l’auteur les groupes marginalisés de la société. Les normes établies par les réformateurs visaient les chefs de famille. Selon lui, les marginaux sont ainsi exlus puisque les mesures normatives ne leur étaient pas destinées.

            L’historien Jean-Marc Paradis a produit la seule étude, à notre connaissance, traitant du baseball au Québec. Dans son ouvrage 100 ans de baseball à Trois-Rivières, il explique le développement du baseball en Mauricie en tenant compte de la relation, au sein de ce sport, entre francophones et anglophones au début du 20e siècle[27].

Dans l’historiographie des sports ici présentée, on en constate la multidisciplinarité : on emprunte à sociologie aussi bien qu’à l’anthropologie. C’est en ce sens que l’historien S.W. Pope, éditeur de l’ouvrage collectif The New American Sport History[28], voit dans les récents travaux sur la sociologie du sport une incitation pour les historiens à créer un nouveau paradigme. Celui-ci naîtrait de la synthèse théorique de la nouvelle histoire sociale et culturelle dans un cadre où la notion de modernité doit être conciliée avec les traditions marxiste et libérale.

 

1.2      Problématique

Comme nous l’indiquions en introduction, le baseball protestant et professionnel s’amène à Montréal, ville catholique et partisane du sport amateur. Cette phrase pose en elle-même deux questions : pourquoi ? et surtout, comment ? Voilà la trame centrale que nous proposons dans ce mémoire. Il s’agira pour nous d’analyser clairement le développement du baseball à Montréal entre 1860 et 1914 pour ainsi voir son intégration au sein de la société montréalaise.

Un questionnement secondaire, mais tout aussi essentiel, se dessine. Comment s’est développé le baseball à Montréal ? Qui en étaient les promoteurs ? Qui s’approprie ce sport : les Canadiens anglais, les Canadiens français ? Quel rapport existait-il entre le baseball et le clergé catholique ? Quels liens ce sport entretenait-il avec les différentes classe sociales à Montréal ? Toutes ces questions nous amènent à définir la problématique centrale de ce mémoire : entre 1860 et 1914, quel est l’impact au plan socioculturel du baseball sur la société montréalaise?

Nous avons deux principales hypothèses de recherche. La première est que le développement du baseball s’est accéléré au contact des journaux vers la fin du 19e siècle pour accéder ainsi aux classes populaires.  Il est probable que le baseball soit

devenu une composante à part entière de cette culture populaire. La seconde piste nous conduit vers une possible relation entre l’américanité, via le baseball, et la culture populaire. Au contact de ce sport d’origine américaine, il est probable que la culture populaire se soit américanisée. C’est donc à partir de ces deux hypothèses de recherche que nous comptons voir les apports socioculturels du baseball dans le paysage montréalais durant la période 1860-1914.

L’histoire du baseball à Montréal représente un vaste champ de recherche pratiquement inexploré. Notre contribution vise à rendre compte d’une partie de ce champ. Pour ce faire, nous avons donc dû limiter notre enquête. Notre prétention est donc d’offrir une perspective globale de l’histoire du baseball à Montréal. Cette perspective étudiée à partir des journaux francophones de l’époque nous permet une analyse pertinente et complète de la relation entre l’américanité du baseball et la culture populaire. Cependant, au profit d’une perspective globale, nous avons été contraint de délaisser les histoires particulières. Nous ne faisons donc qu’effleurer des thèmes comme l’histoire du baseball ouvrier, le baseball dans le réseau collégial et l’histoire des clubs et des joueurs de baseball locaux. Le faible volume de références liées à ces thèmes dans les journaux de l’époque nous a obligé à faire ce choix.

 

1.3    Plan du mémoire

Par conséquent, nous avons divisé notre analyse en trois parties. La première traitera de la diffusion et de la pratique du baseball à Montréal entre 1860 et 1914. La seconde partie verra, à travers le baseball, la relation entre l’américanité et la culture populaire à Montréal à cette époque. Dans la troisième et dernière partie, nous analyserons la couverture du baseball par les journaux de masse francophones de Montréal entre 1876 et 1914.

 

1.3.1  Les origines et le développement du baseball à Montréal (1860-1914)

Le baseball s’est développé très lentement à Montréal par rapport aux villes ontariennes de London et de Toronto. De plus, il se développe dans l’ombre de la crosse, sport d’été par excellence des Canadiens anglais dans la deuxième moitié du 19e siècle. La diffusion du baseball a été fortement influencée par les étudiants américains venus étudier au Québec dans les collèges classiques. Au collège de l’Assomption et à celui de St-Laurent, par exemple, des équipes de baseball sont constituées à la fin des années 1880. Dans les années 1890-1894, les étudiants de la majorité des collèges de Montréal et des environs pratiquent ce sport[29]. En dehors des circuits collégiaux, sa diffusion fut très lente. Les équipes de baseball doivent se contenter de terrains de fortune; les plus riches, du terrain de crosse des Shamrock (angle Atwater et Sainte-Catherine).  La couverture médiatique du baseball ne prend son envol qu’au milieu des années 1890 où les résultats et les statistiques des ligues majeures américaines sont compilés quotidiennement par les journaux[30]. La naissance des pages sportives à la fin du 19e siècle provoquera l’ascension rapide du baseball au sein de la société montréalaise.

          Dans ce chapitre, nous souhaitons essentiellement relater l’histoire du baseball à Montréal entre 1860 et 1914. Nous l’avons divisé en deux principales parties. Nous observons, dans un premier temps, les origines et le lent développement du baseball entre 1860 et 1880. Dans un second temps, nous présenterons la naissance du baseball comme sport organisé et populaire auprès des Montréalais à partir des années 1880. Dans cette partie, nous mettrons l’accent sur le développement des différentes formes de baseball soit le baseball amateur, professionnel et semi-professionnel. Nous verrons également la naissance et l’épanouissement des ligues de baseball à Montréal au début du 20e siècle.

           De plus, nous porterons une attention particulière à l’intérêt grandissant des Canadiens français pour ce sport américain. À Montréal, le sport d’équipe organisé est pratiqué et dirigé majoritairement par la grande bourgeoisie anglaise. Alors qu’ils montrent généralement peu d’intérêt pour les sports anglo-saxons au 19e siècle, les Canadiens français prennent leur place dans le monde du baseball à Montréal[31]. Dès 1872, le club Jacques-Cartier, le premier club de baseball composé exclusivement de

Canadiens français est fondé[32]. Son existence ne dura qu’une seule année. Plusieurs clubs éphémères se succéderont par la suite permettant ainsi aux Canadiens français de garder un pied dans le monde du sport organisé à Montréal. Au tournant du 20e siècle, le baseball est l’un des sports d’été les plus populaires auprès de la population canadienne-française.

            Finalement, nous nous sommes permis d’introduire chacune des deux parties de ce chapitre par un court développement sur le contexte historique. De cette façon, nous permettons à nos lecteurs de situer rapidement le contexte économique, social et culturel de Montréal aux différentes époques. Nous avons utilisé largement, pour dresser cet arrière plan de Montréal, l’ouvrage de Paul-André Linteau, Brève histoire de Montréal. Ce choix s’est imposé pour sa clarté et son caractère synthétique.  

 

1.3.2        Baseball, américanité et culture populaire à Montréal.

Le troisième chapitre du présent mémoire représente le coeur de notre analyse. D’abord, nous cherchons à marquer le clivage qui s’effectue à la fin du 19e siècle entre la culture de l’élite et la culture populaire. Nous définissons donc, à travers le discours de la survivance, la culture de l’élite. Nous verrons également le changement culturel qui s’opère au sein de la population canadienne-française. Ce changement est empreint d’américanité. Nous exposerons donc, dans la seconde partie de ce chapitre, deux exemples d’affrontement entre la culture dominante et la culture populaire. Les affrontements sur la question du dimanche et sur les anglicismes dans le sport tirent, tous les deux, leur origine dans l’américanité naissante de la culture populaire. Nous montrerons également comment le baseball était au centre de ces affrontements.

Dans le troisième segment, nous dresserons un portrait de l’opposition entre les idéologies du sport amateur et du sport dans ses formes commerciales et professionnelles. Nous verrons donc l’idéologie dominante et la structure du sport amateur au Canada. Nous analyserons ensuite le développement des formes commerciales et professionnelles du sport qui culminera par une crise au sein du sport amateur. Dans la dernière partie de ce chapitre, nous nous attarderons à la présence du baseball au sein de ces deux dualités ainsi qu’à son influence dans l’américanisation de la culture populaire à Montréal.

 

1.3.3  Couverture journalistique du baseball à Montréal (1876-1914)

Le quatrième et dernier chapitre de ce mémoire cherche à établir d’abord l’importante des journaux dans la diffusion du baseball à Montréal, mais surtout son impact sur l’américanité nouvelle de la culture populaire. Dans un premier temps, nous présenterons un contexte général de l’évolution des journaux de masse francophones à Montréal à la fin du 19e siècle. Tenant compte de l’américanité du baseball au sein de la culture populaire, nous verrons les deux principales fonctions des journaux francophones dans la diffusion du baseball. D’un côté la fonction de  stricte information et de l’autre, l’objectif promotionnel. Par la suite, nous analyserons tour à tour l’évolution de la terminologie associée au baseball ainsi que sa francisation au début du 20e siècle.

 

1.4     Méthodologie

Nous n’avons pas la prétention de créer un nouveau paradigme tel que celui élaboré par Pope. Ce mémoire s’insère plus particulièrement dans le courant libéral de l’histoire des sports. Nous croyons donc que le développement du baseball est étroitement lié à la rapide urbanisation de Montréal à la fin du 19e siècle. Nous pensons également que le baseball a bel et et bien agi comme agent de sociabilité au sein de la population montréalaise. Nous insisterons donc sur le fait qu’en tant qu’agent de sociabilité, le baseball a contribué à la naissance d’une culture populaire à Montréal à la fin du 19e siècle. Une attention toute particulière sera mise sur les apports de l’américanité du baseball sur cette culture populaire. 

            Par ailleurs, nous croyons, tout comme l’historien Melvin A. Adelman, que la naissance des journaux de masse a contribué de façon significative à la modernisation du sport dans les grands centres urbains au tournant du 20e siècle. Nous ciblerons toutefois cette importance dans le processus de reconnaissance du baseball et de son américanité comme partie intégrante de la culture populaire à Montréal à cette époque.

Nous croyons l’étude de l’histoire du baseball à Montréal importante dans la mesure où il est le seul sport proprement américain à s’implanter de façon permanente à Montréal et partout au Québec. Les autres sports populaires, à cette époque, sont soit d’origine britannique ou canadienne. L’histoire du baseball à Montréal s’impose d’elle-même comme un sujet original. Toutefois, la véritable originalité de ce mémoire se trouve dans la relation entre le baseball et l’américanité naissante de la culture populaire à Montréal.

 

1.5  Sources

Les principales sources utilisées pour cette étude sont les journaux. Ils représentent pratiquement la seule source de l’histoire de sport du 19e siècle. Les fondations de ce mémoire reposent donc sur les articles, les reportages et les éditoriaux de l’époque.  Un dépouillement systématique du journal La Presse a été fait de l’année 1884 à 1915. Un dépouillement aussi exhaustif s’impose pour marquer les étapes du développement du baseball à Montréal. Le choix du journal La Presse s’est imposé de lui-même. Dans le but de faire une étude représentative de la société montréalaise de l’époque, nous avons donc utilisé le quotidien francophone au plus grand tirage et le plus lu par les Canadiens français[33]. Ce choix s’est également imposé en raison de la vocation populaire du journal.

      Tout aussi important, le dépouillement du Fonds d’archives constitué par Donald Guay qui s’est révélé riche en renseignements sur l’histoire du baseball au Québec. Il regroupe les mentions ayant trait au baseball dans les journaux La Patrie, Le Devoir et Le Courrier de Saint-Hyacinthe entre 1876 et 1918. Ce dépouillement permet également de confronter s’il y a lieu les informations recueillies de part et d’autre.

         L’utilisation de ce type de sources nous a causé certains problèmes. Tout d’abord, il s’agit des seules sources relatant l’histoire du baseball. Les articles sur ce sujet sont rares entre 1884 et 1893. Il faut donc attendre les années 1890 pour trouver un volume appréciable de références au baseball à Montréal. Le recours aux sources secondaires aura été essentielle pour colmater les brèches laissées par la faible couverture des journaux avant 1890.

         La seconde difficulté rencontrée aura été la couverture non systématique et peu organisée du baseball faite par les journaux de l’époque avant l’avènement des pages sportives. Il nous a été difficile de suivre l’évolution des équipes et des ligues. D’une part, la vie éphémère des clubs et des différentes ligues rendait ardu leur signalement. Il n’était pas rare de trouver un seul et unique article sur un club ou sur les activités d’une ligue. Que leur étaient-ils arrivés ? Dans la majorité des cas, ces clubs et ces ligues fermaient boutique. D’autre part, les articles sur le baseball sont courts et les informations fragmentaires. Toutefois, l’apparition des chroniques sportives au milieu des années 1890[34] a facilité notre travail vu l’augmentation sensible de l’espace attribué au baseball et la couverture plus assidue et plus détaillée de la part des journalistes.

Par ailleurs, des difficultés ont aussi été rencontrées dans les sources secondaires. Le principal problème provenait du peu de sources pertinentes.  La particularité du fait francophone au Québec ne nous permettait pas d’utiliser les histoires du baseball aux États-Unis ou ailleurs au Canada. Nous les avons utilisées comme référence générale, en portant une attention spéciale au rapport des deux communautés linguistiques de Montréal. Nous croyons donc important de souligner la pertinence des ouvrages La conquête du sport de Donald Guay et Emparons-nous du sport de Gilles Janson pour la présente étude. Dans une moindre mesure, l’ouvrage Canada Learns to Play d’Alan Metcalfe s’est révélé fort utile pour l’analyse de la relation entre la situation socio-économique à Montréal et le développement du sport à Montréal entre 1860 et 1914.

 

1.6  Cadre conceptuel

Il est important ici de prendre le temps de définir les concepts-clés reliés à l’analyse, à l’explication et à l’interprétation des données historiques. Pour ce mémoire,  trois concepts-clés doivent être définis ; la culture, le sport et l’américanité. Pour les concepts de culture et de sport, nous utiliserons comme référence le cadre conceptuel élaboré par l’historien Donald Guay respectivement dans ses essais La conquête du sport et La culture sportive. Pour le concept d’américanité, nous nous réfèrerons aux travaux effectués sur ce sujet par Gérard Bouchard et Yvan Lamonde.

 Guay note que la culture est un puissant facteur de cohésion, de solidarité sociale des membres d’un groupe.  Elle donne au groupe un caractère distinctif et permet à l’individu de s’identifier au groupe[35]. Tout comme Guay le fait pour son essai, nous accepterons la définition de culture élaborée par le sociologue Guy Rocher :

La culture est un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d’agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées, servent d’une manière à la fois objective et symbolique à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte[36].

Guay note l’influence réciproque qui résulte de l’interaction des modèles culturels. Ces interactions produisent des changements dans les modèles culturels. La plupart du temps, ces changements proviennent de nouveaux éléments culturels empruntés à d’autres cultures. C’est donc par le processus d’acculturation, c’est-à-dire par les phénomènes qui résultent de la rencontre de deux cultures, que se modifient les systèmes culturels originaux de l’un ou des deux groupes en présence[37].

            Pour Donald Guay, le concept de sport peut être compris dans ses sept dimensions[38]. Tout d’abord, le sport doit résulter d’une activité physique ; mouvement de corps dans le temps et l’espace commandé par le sportif. Le sport doit aussi être compétitif. Un refus de l’égalité qui permet au sportif de vaincre un rival sur le même enjeu. Un vainqueur et un vaincu, voilà la raison même de la rencontre sportive. De plus, le sport est également un amusement. Les sportifs jouent un jeu où l’objectif n’est pas de détruire l’adversaire, mais de prendre sa mesure. L’enjeu du sport est essentiel. Sans enjeu, le sport perd sa raison d’être. Il ne s’agit pas d’une activité gratuite, mais d’une activité où peu importe l’enjeu, le sportif va être prêt à tout donner de lui-même pour vaincre son opposant. Pour qu’il y ait une compétition comportant un enjeu, les adversaires doivent impérativement être assujettis aux mêmes règles. Cette réglementation du sport lui permet un cadre de référence dans lequel doit se tenir la compétition. Le sport doit aussi avoir son éthique. L’esprit sportif se fonde sur l’équité, le désir de vaincre et la loyauté. Vaincre loyalement un adversaire de calibre résume ce qu’est fondamentalement l’esprit sportif.

Le sport comporte également des propriétés qui en font un phénomène culturel particulièrement attrayant. Guay énumère les quatre plus importantes à ses yeux : la victoire, la performance, le champion et l’excellence. La victoire sert à départager entre la réussite et l’échec, symboliquement, entre la vie et la mort. L’objectif du sportif est d’améliorer ses performances pour espérer faire mieux que quiconque. Le champion passe à l’histoire et devient un lieu de mémoire. Il se présente comme la finalité du progrès sportif, le produit ultime de la culture sportive[39]. L’excellence se traduit par la volonté du sportif d’aller au-delà de ses limites. On peut toujours faire mieux pour atteindre la perfection. Guay note que sous cette recherche de l’excellence se profile une quête de reconnaissance ; le sportif cherche à affirmer son identité.   

Pour construire le concept d’américanité, Yvan Lamonde et Gérard Bouchard se basent sur le postulat que l’ensemble du continent américain constitue l’espace culturel du Québec. Donc, par américanité, ils supposent :

les nouvelles formes culturelles qui se sont mises en place depuis le 18e siècle à la suite des transferts migratoires de l’Europe vers les Amériques et qui reflètent la somme des ruptures, des processus de différenciation (par invention, adaptation) et des projets de recommencement collectif caractéristiques de plusieurs collectivités neuves.[40]

En d’autres mots, l’américanité est la naissance d’une culture nouvelle qui rompt avec l’expérience européenne. Les nouvelles collectivités forgent donc leur identité à même le continent américain. L’exemple le plus probant est celui de l’histoire des États-Unis. Elle ne manque pas de rappeler le concept de frontière pour baser son origine culturelle et identitaire. Ce concept selon lequel «l’immigration hétérogène et le peuplement de l’Ouest avaient constitué un creuset d’où était issue une nouvelle civilisation supérieure à celles d’outre-mer et caractérisée par des idéaux d’égalité, de démocratie et de dynamisme»[41].

En ce sens, Bouchard et Lamonde ciblent trois caractères du dynamisme associés aux espaces de peuplement : la rupture, l’appropriation et le recommencement. La rupture permet aux nouvelles collectivités de fixer elles-mêmes les règles du jeu et la façon d’y jouer. Sans rejeter la totalité de l’expérience européenne, ces nouvelles collectivités s’investissent plutôt du pouvoir de faire leurs propres choix. L’appropriation représente la prise en charge du milieu géographique et humain. On s’approprie le territoire et les institutions pour cadrer dans le paradigme implanté par la nouvelle collectivité. Le recommencement s’explique par la volonté des nouvelles collectivités de remettre les pendules à l’heure zéro. Nécessairement associé à la rupture, on s’affaire à bâtir le présent en même temps que le passé. Ce dynamisme est central dans la culture américaine. Les États-Unis, terre de l’opportunité à qui sait prendre sa chance, sont investis de la destinée manifeste[42]. Cet exemple refète en tout point les trois caractères du dynamisme introduit par Bouchard et Lamonde.

            En définitive, ce chapitre introductif nous aura permis d’exposer les lignes directrices de ce mémoire, à savoir : l’impact socioculturel du baseball sur société montréalaise. Notre demarche vise à établir l’importance des journaux de masse francophones sur la diffusion du baseball à Montréal ainsi que les effets de l’américanité de ce sport sur la culture populaire au tournant du 20e siècle. Les concepts élaborés plus haut nous serviront donc de balises pour cette étude.


[1] Colin D. Howell, Northern Sandlots, a Social History of Maritime Baseball, University of

Toronto Press, Toronto, 1995, p. 3.

[2] La méthode fonctionnaliste appréhende les cultures comme des systèmes dynamiques dont  l’intégration est une variable empirique qui change dans le temps, chaque phénomène de culture ayant des influences sur les autres et sur l’ensemble de la culture en cause. Dans Donald Guay, La conquête du sport : Le sport et la société québécoise au XIXe  siècle, Lanctôt Éditeur, Outremont, 1997, p. 20.

[3] Allen Guttmann, From Ritual to Records : the Nature of Modern Sport, Columbia

University Press, New York, 1978, p. 14. Nous pouvons donner comme exemple de marqueur historique la naissance des agences centrales du sport amateur au Canada qui marque un tournant dans le rapport de force entre le sport amateur et le sport professionnel au début du 20e siècle. Nous y renviendrons au chapitre 3.

[4] Steven A. Reiss, Touching Base, Professional Baseball and American Culture in the Progressive Era, Greenwood Press, Westport, 1980, 268 pages.

[5] Steven A. Reiss, City Games ; the Evolution of American Urban Society and the Rise of Sports, University of Illinois Press, Urbana 1991,  332 pages.

[6] Steven A. Reiss, op. cit., p. 57.

[7] Steven A. Reiss, City Games, p. 58.

8 Timothy Breen dans Steven A. Reiss, Touching Base , p. 4.

[9] Melvin L. Adelman, dans Steven Wayne Pope, éd., The New American Sport History,

 Recent Approaches and Perspectives, University of Illinois Press, Urbana, 1997, p. 58.

[10] Ibid.

[11] Richard Gruneau, Class, Sports, and Social Development, University of Massachusetts

Press, Amherst, 1983, p. 15.

[12] Ces vues sont expliquées dans l’introduction de Raymond Williams, Culture and Society,

Haper and Row, New York, 1966, p. xi-xviii.

[13] Claude Hurtebize, dans Allen Guttmann, Games and Empires : Modern Sports and

 Cultural Imperialism, Columbia University Press, New York, 1994, p. 5.

[14] Peter Rummelt, dans Allen Guttmann, op. cit., p. 6.

[15] André Gunder Frank, Fernando Cardoso, Immanuel Wallerstein, dans Allen Guttmann, Games and Empire, p. 5. On trouve des analyses plus approfondies sur le concept de dépendance dans un système mondial par chacun de ces auteurs dans Fernando Cardoso, «Idéologies et structures du pouvoir dans la science politique», Politique et développement dans les  sociétés dépendantes, Anthropos, Paris, 1971, pp. 9-75, dans André Gunder Frank, «On development and underdevelopment», On Capitalist Underdevelopement, Oxford Université Press, Bombay, 1975, pp.1-19 et dans Immanuel Wallerstein, «Civilisation Project», The Politics of World-Economy, Cambridge University Press, Cambridge, 1984,  pp. 147-185.

[16] Antonio Gramsci, dans Allen Guttmann, op. cit., p.6.

[17] Ruud, Stockvis dans Allen Guttmann, op. cit., p. 173.

[18] Maxwell L. Howell et Reet A. Howell, History of Sport in Canada, Stipes Publishing

Company, Champaign, 1985, 477 pages.

[19]  Don Morrow et al., A Concise History of Sport in Canada, Oxford University Press,

Toronto, 1989, 393 pages.

[20] Alan Metcalfe, Canada Learns to Play, the Emergence of Organized Sport, 1807-1914,

Oxford University Press, Toronto, 1987, p.11. 

[21] Don Morrow, «Montreal : the Cradle of Organized Sports», A Concise History of Sport in

 Canada, pp.1-22.

[22] Alan Metcalfe, «Le sport au Canada français au 19e siècle : le cas de Montréal, 1800-

1914», Loisirs et Société/Society and Leisure, vol. 6, 1983, pp.105-119.

[23] Donald Guay, La conquête du sport, p. 20.

[24] Gilles Janson, Emparons-nous du sport : les Canadiens français et le sport au XIXe

siècle, Guérin, Montréal, 1995,  p. 4.

[25] William Humber, Diamonds of the North, a Concise History of Baseball in Canada,

Oxford University Press, Toronto, 1995, 238 pages.

[26] Colin D. Howell, Northern sandlots, p. 5.

27 Jean-Marc Paradis, 100 ans de baseball à Trois-Rivières, 1989, 164 pages

[28] Steven Wayne Pope, The New American Sport History, 423 pages.

[29] Gilles Janson, Emparons-nous du sport, p. 77.

[30] Gilles Janson, op. cit., p. 78.

[31] Alan Metcalfe, «Le sport au Canada français au 19e siècle : le cas de Montréal, 1800-

1914», Loisir et société/Society and Leisure, p. 112.

[32] Alan Metcalfe, Canada Learns to Play, p. 86.

[33] Jean de Bonville, La presse québécoise de 1884 à 1914, genèse d’un média de masse, Les     

Presses de l’Université Laval, Québec, 1988, p. 274.

[34] Toutefois, Jean de Bonville fait remonté au début du 20 siècle l’apparition régulière de chroniques sur les sports dans les quotidiens francophones,  Jean de Bonville, La presse québécoise de 1884 à 1914, p. 228.

[35] Donald Guay, La conquête du sport, p. 21.

[36] Guy Rocher, Introduction à la sociologie générale, tome 1 : l’action sociale, Montréal, HMH, 1962, p. 102.

[37] Donald Guay, La conquête du sport, p.21.

38 Donald Guay, La culture sportive, Presses Universitaires de France, Paris, 1993, p.32

[39]Donald Guay, la culture sportive, p. 89.

[40] Gérard Bouchard et Yvan Lamonde, dir., Québécois et Américains, la culture québécoise

aux 19e et 20e siècles, Fides, St-Laurent, 1995, p. 8.

                41 Gérard Bouchard et Yvan Lamonde, dir., op. cit., p.19.

[42] Voir Frederick Merk, Manifest Destiny and Mission in American History, a

 reinterpretation, Greenwood Press, Westport, 1963, 266 pages