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Circuits et dopage: la discussion prendra-t-elle fin
un jour?
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Article par JACQUES DOUCET (publié en
janvier 2010) |
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Je commence vraiment à en avoir marre d’entendre les
gens (lire surtout les gens des médias) déprécier
les exploits de joueurs qui ont avoué ou qui sont
soupçonnés d’avoir consommé des stéroïdes ou des
hormones de croissance alors que cette pratique, non
seulement n’était pas condamnée par les grandes
instances du baseball majeur, mais encouragée
tacitement.
Les proprios, les gens de l’Association des joueurs
et surtout les agents se frottaient les mains d’aise
alors que Mark McGwire et Sammy Sosa bataillaient
pour savoir qui allait améliorer le record des 61
circuits de Roger Maris et que les amateurs,
désabusés suite à la grève de 1994 prenaient
d’assaut les stades de la ligue Nationale en 1998.
Et bien qu’il n’ait pas été un favori, autant des
amateurs que des gens des médias, on a suivi pas à
pas le chemin de Barry Bonds lorsqu’il a éclipsé le
record de Hank Aaron. Les photographes et les
caméras de la télé étaient sur place à chacun des
matches où Bonds avait une chance de réussir le
circuit historique.
Mais, au cours de la dernière semaine, après que
McGwire a décidé de faire amende honorable, de
reconnaître avoir consommé stéroïdes et hormones de
croissance, ce mea culpa a ravivé l’esprit critique
des gens des médias qui, souvent prétendent être des
experts sur ce qui est un véritable record ou ce qui
devait être un record « teinté » ou qui devrait
comporter un astérisque.
Pourtant, ils savent bien que ces substances qui
sont de nature à améliorer la performance de ces
athlètes n’étaient pas défendues et qu’aucun
règlement ou encore loi, ne les interdisait.
Mais, ils continuent de les accuser d’être des
tricheurs, alors qu’ils n’ont enfreint aucune loi ou
aucun règlement. Loin de moi l’idée de laisser
croire que ce qu’ils ont fait n’était pas
répréhensible mais il ne faut pas oublier qu’en
agissant de la sorte, ce sont à eux-mêmes qu’ils ont
causé un tort qui éventuellement pourrait
hypothéquer leur santé.
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Et maintenant, si on analysait ces « records » sur
une base strictement statistique. Et encore là, il
est tellement difficile de comparer les athlètes de
différentes époques.
Prenons tout d’abord Babe Ruth et Hank Aaron.
Le Babe a joué de 1914 à 1935 et a frappé ses 714
circuits en 2,503 matches, tandis que Aaron en a
réussi 755, entre 1954 et 1976, en 3,298 rencontres.
Mais la grande différence ne se situe pas au
chapitre des matches joués. Ruth a évolué à une
époque où les lanceurs partants étaient rois. Durant
la carrière de Ruth, les lanceurs ont réussi 642
matches complets dans la Ligue Américaine, soit une
moyenne de 29,2 par saison tandis que durant la
carrière de Aaron, seulement 540 matches complets
ont été inscrits, pour une moyenne de 23,5 par année.
Donc, il est raisonnable de croire que certains des
circuits de Ruth ont été claqués contre des lanceurs
qui commençaient à être à bout de souffle tandis que
Aaron a évolué dans une époque où les lanceurs de
relève ont pris du galon.
Durant la carrière de Aaron, les releveurs ont
enregistré en moyenne 24,5 sauvetages par saison
tandis qu’à l’époque de Ruth, les releveurs
sauvegardaient en moyenne 9,2 matches par saison.
Pourtant, si vous interrogez l’amateur de baseball
américain à savoir qui a été le plus grand frappeur
de circuits de tous les temps, sept sur dix vous
répondront qu’il s’agit de Ruth et non de Aaron ou
de Bonds!
Quand McGwire a disputé sa première saison complète
avec les A’s d’Oakland et qu’il a frappé 49
circuits, consommait-il des substances susceptibles
de lui permettre de frapper la balle plus loin?
Ce n’est pas comme Rafael Pameiro qui n’avait jamais
frappé plus de 26 circuits (1991), mais qui en a
frappé 47 (1999 et 2001).
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Et quand Bonds a fracassé le record de McGwire avec
73 circuits en 2001, les gens ont-ils remarqué qu’il
avait réalisé l’exploit en seulement 479 présences
officielles au marbre et malgré 177 buts sur balles?
Combien de « bons » lancers Bonds a-t-il vus cette
saison-là pour réussir autant de circuits?
Et la question qui tue, maintenant :
Y
a-t-il de quoi s’offusquer si les circuits de
McGwire ou ceux de Bonds franchissaient 450 pieds au
lieu de 410 pieds?
Rares ont été les circuits de ces deux bonshommes
qui étaient soufflés par le vent pour à peine
franchir la clôture! Demandez-vous plutôt pourquoi
les petites embarcations fourmillaient dans
McCovey’s Cove lorsque Bonds s’amenait au bâton à
San Francisco et pourquoi les billets, situés au
dernier balcon au champ gauche du stade des Cards
étaient si recherchés lors des matches locaux des
Cards de St-Louis.
Est-ce que l’on considère qu’en 1961, année du
record de Maris, il n’y avait que 20 clubs dans les
majeures et que les Yankees en avaient affronté
seulement neuf cette saison-là, car il n’y avait pas
de calendrier mixte. Tandis que McGwire et les
Cards, en 1998, avaient affronté 20 clubs et que
Bonds et les Giants, en 2001, avaient eu 19 rivaux
différents. Sans oublier que McGwire et Bonds
jouaient à ce moment-là alors qu’il y avait 30
équipes dans les majeures. Combien de lanceurs
ont-ils affronté qui n’auraient jamais eu leur place
dans une équipe en 1961?
C’est ce qu’on appelle des éléments intangibles,
mais qu’il ne faut pas totalement ignorer!
De plus en 2009, l’année qui supposément représente
un retour à la « normale » en raison du système de
dépistage des drogues mis en place dans le baseball
et au cours de laquelle aucun frappeur n’a réussi 50
circuits - même pas un seul frappeur de
l’Américaine en a claqué 40! – le total des longues
balles frappées la saison dernière est le 10e
plus fort total de l’histoire du baseball.
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Tout simplement, parce que les coups de circuits ont
été davantage éparpillés plutôt que réussis par un
petit groupe de cogneurs. Les fortes productions de
circuits par des individus ont diminué, mais
n’empêche qu’en 2009 il n’y a eu que 17 circuits de
moins qu’en 2002…
Aussi, la moyenne des circuits par match a été
supérieure à celle de 1997 alors que Mark McGwire
avait claqué 58 circuits et que Ken Griffey jr avait
réussi 56 longues balles. En 2009, 54 frappeurs ont
cogné 25 circuits ou plus, soit le plus imposant
contingent de la dernière décennie.
Et si l’on dit que ces marques établies ne pourront
jamais être menacées à l’avenir puisque le baseball
majeur est aujourd’hui plus propre qu’il ne l’était,
va-t-on instituer une commission d’enquête dans la
ligue Nationale de hockey, parce que les records de
Wayne Gretzy (92 buts en 81-82; 215 points en 85-86;
quatre saisons de plus de 200 points) ne seront
jamais menacés? Ou est-ce qu’on va cesser cde
regarder les matches de hockey car ces records sont
inatteignables?
Et si aujourd’hui, on surprenait un joueur de tennis
ou un golfeur à boire des boissons énergisantes
durant le déroulement d’un tournoi disputé par une
chaleur écrasante, serait-il banni parce qu’il a
absorbé un liquide susceptible d’améliorer sa
performance?
Voyons donc… cessons d’être des puristes et
apprécions le sport pour le jeu qui se déroule sur
le terrain, peu importe l’époque.
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