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La Provinciale: Il y a un début à tout
Article par ALEXANDRE PRATT
(Publié en 2007)
En 1900, la Ligue provinciale survit au retrait
de trois équipes (Sorel, Hochelaga,
Valleyfield), mais connaît une fin de saison
agitée. Mi- octobre, il ne reste que deux matchs
entre St-Hyacinthe et Farnham. Une victoire
permettrait à St-Hyacinthe et son joueur-étoile
Sam Larocque de rejoindre les Mascottes de
Montréal en tête. Mais le gérant de Farnham,
Joseph Page, embauche quatre joueurs
professionnels des Royaux de Montréal. Malgré un
match sans coup sûr de son lanceur Robitaille
dans la première partie, St-Hyacinthe est
blanchi 2-0 et 20-0. Les Mascottes sont sacrés
champions.
Le capharnaüm dans lequel la saison 1900 prend fin
ne décourage les dirigeants de la Ligue provinciale,
qui cherchent même à augmenter le nombre d’équipes
en vue de la saison 1901. Mais ils encaissent les
échecs les uns après les autres.
Le club de Farnham, un des piliers de la ligue, doit
cesser ses activités au début du mois d’avril
lorsque le conseil municipal se prononce contre le
baseball le dimanche. Un mois plus tard, les
échevins de Sherbrooke imitent ceux de Farnham et
interdisent à leur tour le baseball le jour du
Seigneur, craignant «la venue d’excursionnistes
accompagnés de fanfares, qui causeraient une
profonde perturbation dans la population», rapporte
La Presse. À Valleyfield, la résistance vient
d’un autre front; la Société St-Jean-Baptiste,
propriétaire du terrain, impose des conditions de
location qui pousseraient inévitablement le club à
la faillite. Les médias montréalais soulignent
l’intérêt de la part d’un groupe de Trois-Rivières,
mais ça en reste à l’état de la rumeur.
Au début mai, deux magnats du baseball québécois,
Joseph Page (ex-gérant de Farnham) et M. Barnabé
(ex-gérant des Mascottes), annoncent chacun leur
intention d’établir un club à St-Jean. Les
propriétaires des clubs de Sorel, St-Hyacinthe ainsi
que ceux des Mascottes se réjouissent; la ligue
pourra compter sur quatre équipes, comme la saison
précédente. Hélas, le jour de l’assemblée de la
ligue, le 12 juin, M. Page et M. Barnabé se font
attendre toute la soirée. La ligue entreprend donc
ses activités avec seulement trois clubs et un
calendrier de 17 matchs.
À
la mi-juin, malgré d’excellents foules de 2000 à
2500 spectateurs au parc des Mascottes, la ligue est
forcée de ralentir son rythme et les matchs
officiels se font très rares. Pour faire un peu
d’argent, les trois clubs préfèrent lancer des défis
à des équipes québécoises ou américaines.
Le club Mascotte est particulièrement actif. Il
affrontera des formations de Hull, Gananoque
(Ontario), Malone (USA), Ogdenburg (USA),
Plattsburgh (USA) ainsi que les Cuban et les
Columbia Giants, deux clubs itinérants de joueurs
noirs. Sorel, pour sa part, accepte des défis de
clubs de second ordre comme Lachine ou le Montagnard.
Au début du mois d’août, malgré son inactivité
pendant presque tout l’été, la Ligue provinciale
renaît le temps d’une finale deux-de-trois entre le
St-Laurent de Sorel et les Mascottes de Montréal.
Alors que tous les experts s’attendent à un balayage
des Mascottes, c’est Sorel qui remporte le premier
match 7-1 sur son terrain. Mais les Mascottes, qui
n’ont jamais perdu un championnat depuis leur
fondation en 1895, reviennent en force dans le
deuxième match, qu’ils remportent aisément 8-0
devant 1800 personnes. Le dernier match est à sens
unique, alors que les Mascottes écrasent leurs
adversaires 9-2 devant 1200 spectateurs pour
remporter le titre de la Ligue Provinciale.
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