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L'histoire du baseball à Québec
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Article par DANIEL PAPILLON (Publié en 2006) |
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Lorsque l’on
pense au sport et à la ville de Québec la première
association qui vient à l’esprit est celle du
hockey. Pourtant l’histoire du
baseball dans notre ville est très riche et très
longue. Plusieurs évènements ont
marqué l’histoire de ce sport dans la vieille
capitale. En voici les grandes étapes.
La première équipe professionnelle est celle des Bulldogs de
Québec de la ligue « Eastern Canada ».
L’équipe jouait, à ce moment là, sur un
terrain de la Pointe aux lièvres.
Cette première saison fut peu impressionnante
et l’équipe termina au dernier rang.
Néanmoins la « graine » du baseball est semée.
Les Carnavals de Québec en 1973. Collection
D. Papillon |
Dès 1924, les
Bulldogs connaissent leurs premiers succès.
L’équipe joue maintenant dans un nouveau
stade, soit; le Parc Fontaine, situé sur la 3e
Avenue près de la rivière St-Charles.
Québec est membre également d’une nouvelle
ligue du nom de
Québec-Ontario-Vermont. Les
Bulldogs finissent au 1er rang avec 15
parties d’avance sur les Royaux de Montréal.
À l’automne 1924,
Québec est l’hôte de 2 parties d’exhibition mettant
en vedette deux équipes des ligues majeures.
Les
Giants de New York, qui viennent tout juste de
perdre contre les
Sénateurs de Washington en Série Mondiale,
jouent contre les
White Sox de Chicago.
Ces matchs furent
disputés comme préambule à une tournée européenne.
En effet,
John McGraw, gérant des Giants et
Charles Comiskey, propriétaire des White Sox
avaient décidé au cours de l’été 1924 de faire une
tournée de promotion en Europe après la saison.
Les deux équipes
sont arrivées à Montréal en train où elles ont joué
deux parties d’exhibition les 12 et 13 octobre.
Après un autre voyage en train, 2 autres
joutes furent disputées au Parc Fontaine de Québec
les 14 et 15 octobre. Les deux
équipes s’embarquèrent par la suite sur le paquebot
« MontRoyal » en direction de Liverpool, endroit où
débutait leur tournée outremer.
Plusieurs
vedettes et futurs membres du Temple de la Renommée
du Baseball étaient du voyage, tels;
Charles Comiskey,
John McGraw,
Art Nehf,
Frankie Frisch,
Johnny Evers,
Casey Stengel,
Muddy Ruel,
Beauty Bancroft et plusieurs autres.
L’année 1924, qui
avait été plutôt bien remplie, marque la fin d’une
époque. Québec se retrouve sans
équipe de baseball professionnel.
Il y eu quand même au cours des années 30
quelques parties hors concours importantes contre
des équipes américaines.
Notamment contre les « Chappies Johnson » une équipe
de Noirs, comme on disait à l’époque, ou contre la
« Maison
de David ». Ces parties
avaient lieu la plupart du temps au Parc C.B. sur
les berges de la rivière St-Charles près du stade
Municipal ou encore à la piste de course.
En 1938, Québec
est membre de la ligue Provinciale et l’équipe porte
le nom d’Athlétiques. Le stade
municipal est encore en construction (voir section
stade), les parties locales se jouent à
l’hippodrome. Quelques vedettes
locales se retrouvent dans l’alignement, dont Roland
Beaupré et Joe Bernard.
En mai 1939, les
Athlétiques emménagent dans leur nouveau stade.
Ils ont également un nouveau gérant, Del
Bissonnette, un franco-américain et ancien joueur
vedette de 1er but des Dodgers de
Brooklyn.
L’équipe revient
en 1940 faisant toujours partie de la ligue
Provinciale. Roland Gladu, Bill
Yocke et Lou Lépine sont les vedettes de l’époque.
La ligue éprouve cependant des difficultés et
en 1941, Trois-Rivières et Québec se retrouvent dans
la ligue « Canado-Américaine ».
Cette ligue est dirigée par le révérend Harold
Martin.
De 1941 à 1950,
Québec demeurera dans la ligue Canado-Américaine.
Cependant, la ligue, comme la majorité des
ligues mineures, cessa ses activités pendant 3 ans
durant la 2e guerre mondiale.
Avant la guerre, l’équipe portait toujours le
nom d’Athlétiques, mais après, les nouveaux
propriétaires baptisent l’équipe du nom d’Alouettes.
Nom qu’ils garderont pour les saisons 1946-47
et 48. Durant cette courte
période, l’équipe finira dernière à trois reprises.
La période
suivante peut-être considérée comme étant l’âge d’or
du baseball à Québec. En 1949,
le propriétaire de l’équipe, M. Ulysse Ste-Marie qui
en a assez des insuccès, apporte plusieurs
changements. D’abord, on change
de nom, dorénavant ce sera les Braves.
Puis on signe un nouveau gérant, Frank
McCormick, vétéran 1er but du baseball
majeur, principalement avec les Reds de Cincinnati.
McCormick a eu une très belle carrière dans
le baseball. Il fut nommé joueur
le plus utile à son équipe dans la ligue Nationale
en 1940. Il participe également
à plusieurs parties d’étoiles.
Le propriétaire
des Braves, avec l’aide de son nouveau gérant,
attire à Québec quelques vétérans des ligues
mineures tels ; « Butch » Lawing,
« Moose » Shetler, Hal Erickson, Pete Elko ou Mike
Fandozzi. L’équipe se hisse au
premier rang et les Braves sont champions de la
ligue Canado-Américaine.
Le gérant Frank
McCormick ne revient pas en 1950.
Il est remplacé par George McQuinn, un autre
vétéran 1er but du baseball majeur, qui
s’est illustré principalement avec les Browns de
St-Louis et les Yankees de New York.
Le noyau de joueurs de l’équipe n’a pas été
touché et l’équipe atteint de nouveaux sommets.
La fiche des Braves est de 97 victoires et 40
défaites, pour une moyenne de .708.
Ils sont à nouveau couronnés champions.
Pour des raisons
strictement économiques, Trois-Rivières et Québec
reviennent dans la ligue Provinciale en 1951.
Les Braves connaissent une moins bonne saison
et l’équipe de George McQuinn s’incline en finale
contre Sherbrooke. Fait à
souligner, cette saison représente la première où
Québec est membre du réseau de la filiale des Braves
de Boston.
Avant la saison,
Georges Maranda un espoir de Lévis, avait signé un
contrat avec les Braves de Boston.
Il fut assigné à l’équipe de Québec où il
joua pendant 3 saisons. (1951-53).
Au cours des
quatre saisons suivantes, les Braves ne gagnent pas
moins que quatre championnats.
En plus des succès sur le terrain, Québec domine la
ligue au chapitre des assistances à chaque saison.
Plusieurs joueurs
marqueront cette époque des Braves.
Les Roger McCardell, Raymond Lagüe, Ed
Charles, John Werner, Al Dumouchelle, Bill
Robertson, Humberto Robinson, etc...
donnèrent des allures de dynastie aux Braves
de Québec. Un seul joueur
cependant fut associé aux Braves pendant toute leur
existence, il s’agit de Mike Fandozzi.
Il demeura avec les Braves pendant 7 saisons,
refusant même d’être assigné à d’autres équipes.
Cette période fut
marquée par quelques évènements importants pour la
ville de Québec. D’abord le 7
juillet 1953 le match des étoiles de la ligue
Provinciale. Les équipes
affiliées aux équipes de la ligue Nationale
affrontaient celles de l’Américaine.
Québec était représentée par 7 joueurs en
plus du gérant George McQuinn.
L’équipe représentant la ligue Nationale l’emporta 6
à 5 en 11e manche. La
victoire va au lanceur des Braves de Québec, Raymond
Lagüe.
Quelques jours
plus tard, soit le 15 juillet 1953, les Braves de
Milwaukee viennent jouer une partie d’exhibition à
Québec. Une foule enthousiaste
de 7 368 spectateurs se présente au stade pour
assister à la partie. Ils auront
droit à une partie sans point ni coup sûr.
En effet, les six lanceurs des Braves de
Milwaukee réussissent cet exploit dans une victoire
de 8-0.
Les Braves de
Milwaukee forment une très bonne équipe et plusieurs
vedettes composent leur alignement.
Ainsi, les gens de Québec ont pu voir évoluer
les; Joe Adcock, Johnny Logan, Andy Pafko, Eddie
Mathews et Warren Spahn. Ces
deux derniers sont maintenant membres du Temple de
la Renommée du Baseball.
En juillet 1954,
Québec reçoit la visite des Harlem Globe Trotters
dans un match hors concours contre la Maison de
David. Aujourd’hui, les Harlem
Globe Trotters sont connus pour leur équipe de
basketball, mais pendant plusieurs années, ils ont
eu également une équipe de baseball.
En 1954, la vedette de l’équipe était Satchel
Paige. Pour ce qui est de
l’équipe de la Maison de David, elle fait des
tournées depuis 1919 et elle était venue à Québec à
quelques occasions auparavant.
L’été 1955 est
marqué par une autre visite des Braves de Milwaukee.
Pour cette occasion des estrades
supplémentaires sont ajoutées, on attend une foule
de près de 10 000 personnes. La
partie a eu lieu le 31 mai et un froid quasi
sibérien ramène le nombre de spectateurs à 5 400.
La partie se
termine en 11e manche et c’est Bobby
Thompson qui donne la victoire aux Braves de
Milwaukee. Le même Thompson qui
avait donné une victoire mémorable quelques années
auparavant aux Giants de New York.
Un seul circuit
frappé lors de cette rencontre et ce fut par Hank
Aaron qui allait devenir le roi des coups de
circuit.
Après la saison
1955, malgré des succès très intéressants pour
Québec, la ligue Provinciale cesse ses opérations.
L’avènement de la télévision aura des répercussions
importantes sur le nombre d’équipes et de ligues
mineures partout aux États-Unis et au Canada.
De 1955 à 1970
Cette période est
caractérisée par deux choses, d’abord l’absence de
baseball dit « professionnel » à Québec et
l’acharnement d’un homme pour la survie de ce sport
ici. En effet, Hughes Beaudoin
déploiera beaucoup d’efforts pour que durant ces
années, la ville de Québec ait une équipe de
baseball.
Il fit revivre,
sans beaucoup de succès, le nom des Alouettes avec
une équipe dans la ligue Québec District, puis les
Indiens renaissent. Ils joueront
dans une nouvelle ligue, soit la ligue de Mauricie.
Son existence
sera très courte et les Indiens reviennent dans la
ligue Provinciale. Le calibre de
cette ligue n’est pas le même qu’il y a quelques
années. Les joueurs ne sont pas
des professionnels et la très grande majorité sont
québécois francophone
La ligue
s’appelle Provinciale, mais la province est divisée
en deux. Aucune équipe de la
région de Montréal n’est représentée dans cette
ligue. Il faudra attendre encore
quelques années pour voir la fusion des deux grands
circuits provinciaux.
En 1960, les
Indiens battent les Royaux de Drummondville en
finale et sont couronnés champions de la ligue.
Par la suite, la ligue connaît certaines
difficultés et Québec doit se doter d’une deuxième
équipe, les Athlétiques, pour assurer la survie de
la ligue.
En 1965, la ligue
Provinciale fusionne avec celle des Cantons de l’Est.
Au milieu de cette saison, le gérant Ed Lyons
et quelques joueurs américains débarquent à Québec.
Le calibre de jeu s’améliore et les
assistances aussi. Pour la
saison 1966, on accorde le droit aux 9 organisations
de la ligue de mettre sous contrat 6 joueurs
américains chacune. Par la
suite, ce plafond augmentera et à la dernière saison
de la ligue, soit en 1970, presque tous les joueurs
francophones auront disparu.
Trois-Rivières et
Québec qui étaient les deux villes qui attiraient le
plus de spectateurs dans la Ligue provinciale des
années 60, font un retour dans le baseball organisé
en 1971. En effet, ces deux
villes qui ont une histoire de baseball très
similaire obtiennent chacune une franchise dans la
ligue Eastern (calibre AA).
Les efforts de
Hughes Beaudoin pour garder le baseball bien vivant
à Québec sont récompensés lorsque les Expos de
Montréal choisissent Québec pour établir leur
filiale de niveau AA.
L’équipe portera
les noms de Carnavals de Québec de 1971 à 1975 et de
Métros pour les deux dernières saisons.
Malgré une existence relativement courte, ces
organisations produiront une multitude de joueurs
qui feront leur marque dans les ligues majeures.
Les premières
vedettes sont Pepe Frias, Pepe Mangual et Bombo
Rivera (1971). L’année suivante
un nouveau gérant s’amène Karl Kuehl (il deviendra
gérant des Expos en 1976), l’équipe est composée de
plusieurs joueurs qui gradueront dans les majeures,
tels; Barry Foote, Tony Scott,
Jerry White, Larry Lintz, Balor Moore,
Dale Murray et Dan Warthen.
L’édition 1973
des Carnavals permettra aux québécois de découvrir
deux futures grandes vedettes des Expos de Montréal.
Steve Rogers et Gary Carter font escale à
Québec. La route de Carter est
encore bien longue et elle le mènera jusqu’à
Cooperstown où il fut intronisé au Temple de la
Renommée du Baseball en 2003.
Quant à Steve Rogers, il fut le lanceur partant
numéro un des Expos pendant plusieurs saisons en
plus de participer à quelques parties d’étoiles.
En 1974, Les
Carnavals sont champions de leur division.
Ils alignent d’excellents prospects en
particulier chez les voltigeurs.
Jerry White revient pour une courte période, le
reste du champ extérieur est composé de Warren
Cromartie, Ellis Valentine, Tony Scott et Bombo
Rivera. Larry Parrish connaît
également une bonne saison au
troisième but. Au monticule,
Bill Atkinson, Joe Gilbert et à nouveau Dan Warthen
sont les noms à retenir.
L’année suivante,
Gary Roenicke, un autre
voltigeur connaît une bonne saison.
Du côté des lanceurs, Joe Kerrigan présente
une m.p.m. de 0.68 en 53 manches lancées.
Kerrigan connaîtra éventuellement une belle
carrière comme instructeur des lanceurs dans le
baseball majeur. Sur le plan
administratif, l’équipe connaît quelques problèmes
financiers. Un nouveau
propriétaire arrive, M. François Bonetto et l’équipe
prend le nom de Métros.
La saison 1976
est marquée par la première saison de 20 victoires
pour un lanceur de l’organisation des Expos.
Gerald Hannahs des Carnavals de Québec finit
l’année avec une fiche de 20-6.
Shane Rawley et Dan Schatzeder sont deux autres
lanceurs qui connaîtront du succès par la suite.
Chez les joueurs, André Dawson fait un court
séjour à Québec, mais il est promu très vite à
Denver. Tony Bernazard jouera la
première de ses deux saisons à Québec.
Il connaîtra une belle carrière
principalement avec les White Sox de Chicago.
La dernière
saison des Métros est sans éclat.
Tony Bernazard et Dan Schatzeder sont de
retour. Seul Steve Ratzer et
Bobby Goodman semblent voués à un bel avenir (les
deux joueurs auront des carrières décevantes par la
suite).
Après la saison
1977, les Expos quittent Québec et Cincinnati font
de même à Trois-Rivières. Mis à
part les Expos de Montréal, le baseball
professionnel disparaît de la province de Québec.
Seul le baseball junior demeure.
Il faudra attendre 22 ans avec la venue des
Capitales de Québec en 1999.
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