| Il
y a un début à tout!
ALEXANDRE
PRATT
En
1900, la Ligue provinciale survit au retrait de trois équipes
(Sorel, Hochelaga, Valleyfield), mais connaît une fin
de saison agitée. Mi- octobre, il ne reste que deux
matchs entre St-Hyacinthe et Farnham. Une victoire
permettrait à St-Hyacinthe et son joueur-étoile Sam
Larocque de rejoindre les Mascottes de Montréal en tête.
Mais le gérant de Farnham, Joseph Page, embauche quatre
joueurs professionnels des Royaux de Montréal. Malgré
un match sans coup sûr de son lanceur Robitaille dans
la première partie, St-Hyacinthe est blanchi 2-0 et
20-0. Les Mascottes sont sacrés champions.
Le
capharnaüm dans lequel la saison 1900 prend fin ne décourage
les dirigeants de la Ligue provinciale, qui cherchent même
à augmenter le nombre d’équipes en vue de la saison
1901. Mais ils encaissent les échecs les uns après les
autres.
Le
club de Farnham, un des piliers de la ligue, doit cesser
ses activités au début du mois d’avril lorsque le
conseil municipal se prononce contre le baseball le
dimanche. Un mois plus tard, les échevins de Sherbrooke
imitent ceux de Farnham et interdisent à leur tour le
baseball le jour du Seigneur, craignant «la venue
d’excursionnistes accompagnés de fanfares, qui
causeraient une profonde perturbation dans la population»,
rapporte La Presse. À Valleyfield, la résistance
vient d’un autre front; la Société St-Jean-Baptiste,
propriétaire du terrain, impose des conditions de
location qui pousseraient inévitablement le club à la
faillite. Les médias montréalais soulignent l’intérêt
de la part d’un groupe de Trois-Rivières, mais ça en
reste à l’état de la rumeur.
Au
début mai, deux magnats du baseball québécois, Joseph
Page (ex-gérant de Farnham) et M. Barnabé (ex-gérant
des Mascottes), annoncent chacun leur intention d’établir
un club à St-Jean. Les propriétaires des clubs de
Sorel, St-Hyacinthe ainsi que ceux des Mascottes se réjouissent;
la ligue pourra compter sur quatre équipes, comme la
saison précédente. Hélas, le jour de l’assemblée
de la ligue, le 12 juin, M. Page et M. Barnabé se font
attendre toute la soirée. La ligue entreprend donc ses
activités avec seulement trois clubs et un calendrier
de 17 matchs.
À
la mi-juin, malgré d’excellents foules de 2000 à
2500 spectateurs au parc des Mascottes, la ligue est
forcée de ralentir son rythme et les matchs officiels
se font très rares. Pour faire un peu d’argent, les
trois clubs préfèrent lancer des défis à des équipes
québécoises ou américaines.
Le
club Mascotte est particulièrement actif. Il affrontera
des formations de Hull, Gananoque (Ontario), Malone
(USA), Ogdenburg (USA), Plattsburgh (USA) ainsi que les
Cuban et les Columbia Giants, deux clubs itinérants de
joueurs noirs. Sorel, pour sa part, accepte des défis
de clubs de second ordre comme Lachine ou le Montagnard.
Au
début du mois d’août, malgré son inactivité
pendant presque tout l’été, la Ligue provinciale
renaît le temps d’une finale deux-de-trois entre le
St-Laurent de Sorel et les Mascottes de Montréal. Alors
que tous les experts s’attendent à un balayage des
Mascottes, c’est Sorel qui remporte le premier match
7-1 sur son terrain. Mais les Mascottes, qui n’ont
jamais perdu un championnat depuis leur fondation en
1895, reviennent en force dans le deuxième match,
qu’ils remportent aisément 8-0 devant 1800 personnes.
Le dernier match est à sens unique, alors que les
Mascottes écrasent leurs adversaires 9-2 devant 1200
spectateurs pour remporter le titre de la Ligue
Provinciale.
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