| Une
ligue de haut calibre
Par
CHRISTIAN TRUDEAU, d'après Disorganized
Baseball: The Provincial League from Laroque to the
Expos de Merritt Clifton (1982)
Après les années
prometteuses des ligues « hors-la-loi »
des années 30, la Ligue provinciale a connu une période
difficile. La ligue vit une première saison
catastrophique dans le baseball organisé en 1940,
ruinée par une température exécrable et bien sûr
la guerre. Cette dernière met fin aux activités
de la ligue par la suite, étant remplacée par de
petites ligues locales, qui incluent des bases
militaires.
Avec la fin de la guerre revint les grands
projets, notamment le rêve du baseball organisé,
qui est toujours très présent. Québec et
Trois-Rivières retournent dans la ligue Canado-Américaine,
et Granby et Sherbrooke se joignent à la Ligue
Frontière, qui a des équipes aussi en Ontario et
dans l’État de New York. Les villes restantes
sur le territoire de la Provinciale s’organisent
dans des ligues modestes. Pendant ce temps,
Sherbrooke et Granby connaissent des saisons misérables,
avec des équipes peu talentueuses et de longs et
coûteux voyages. Sherbrooke finira par déclarer
faillite à la toute fin de la saison, et les deux
villes quittent la ligue après la saison.
Avec le retour de ces deux grands marchés,
on peut espérer la formation d’une nouvelle
Ligue Provinciale. Une seule ombre au tableau :
Omer Cabana, propriétaire depuis deux décennies
des équipes de Granby, a de grandes ambitions
pour son jeune fils Gérald : il veut
absolument le voir évoluer dans le baseball
organisé, et pour se faire il déménage ses pénates
et son club de baseball à Geneva, New York, pour
rester dans la Ligue Frontière.
Sans Granby, la ligue manque de cohésion géographique.
Aux grands maux les grands remèdes, Maurice
Guillet, propriétaire de l’équipe de
Sherbrooke, met sur pied un autre club à Granby.
Bien entendu, cela jette un doute sur la crédibilité
de la ligue, le Granby Leader-Mail refusant
toute couverture. Mais, avec des clubs situés à
Granby, Sherbrooke, St-Jean, St-Hyacinthe,
Drummondville, Farnham, Acton Vale et Lachine, les
clubs peuvent retourner à la maison après chaque
match, en plus de permettre les fameux programmes
doubles aller-retour du dimanche qui allaient
devenir la marque de commerce de la ligue.
Les débuts de la ligue sont plutôt
modestes. Rapidement, il devient clair que Lachine
ne peut suivre le pas, et elle quittera la ligue
avant la mi-saison. L’organisation est chaotique :
on assiste à un grand nombre de protêts,
l’horaire est des plus bizarres, certaines équipes
jouent 90 matchs, d’autres 65, les mêmes équipes
s’affrontent à répétition. Le calibre n’est
pas mauvais, mais les gros noms sont rares. La
plupart des bons joueurs sont locaux : Roger
Bédard (274-11-28) et Roger Vaillancourt (14-5)
à Granby, Léo Dupont (,295-2-21) et Louis
Poliquin (13-2) à Drummondville, René Valois
(,313-2-21) et Jacques « Coco » Tarte
(10-7) à Farnham, Maurice Guérin (,301-1-26) et
Guy Langlois (,315-3-37) à St-Jean ainsi Roger
Ste-Marie (,340-3-30) et Jean-Paul Tétreault
(9-10) à Acton Vale.
Les joueurs locaux
sont entourés de quelques vétérans des ligues
mineures qui allaient adopter le Québec pour
plusieurs années, comme Johnny Bezemes
(,376-2-14) à Drummondville, William Clovinsky
(,298-1-56) et Kermit Kitman (,317-0-29) à St-Hyacinthe
ainsi que Eddie Debs (,389-4-39) et Ernie Balser
(10-3) à Granby.
Mais, la ligue fait
preuve de beaucoup d’imagination pour recruter
des joueurs capables d’améliorer l’équipe
et/ou d’attirer les foules. On allait profiter
pleinement du fait qu’on était hors du réseau
du baseball organisé.
Première cible :
les joueurs de hockey et les athlètes en général.
Sherbrooke aligne les jeunes Normand Dussault et
Gilles Dubé, qui allaient tous les deux jouer
avec le Canadien dans les années suivantes.
Drummondville y va avec la vedette du présent, le
« Rocket » lui-même, Maurice Richard,
qui l’instant de quelques matchs, sera leur
troisième-but/voltigeur. Maurice montre une
puissance certaine, mais le manque de pratique le
rattrape : un roulant lui fracture le nez au
troisième coussin. Il quittera la ligue au début
juillet, probablement sous la pression des
Canadiens. Granby n’a pu trouver de joueurs de hockey, mais embauche
Frank Morris, vedette de la CFL qui se débrouille
fort bien au baseball (,276-6-31).
Dans les années suivantes, ce sera Fred
Thomas avec Farnham et Sherbrooke, un futur Harlem
Globetrotter et membre du temple de la renommée
canadien de basketball.
Deuxième cible :
les joueurs boudés pour la couleur de leur peau.
En plus de Manny McIntyre, un joueur local de
hockey que Sherbrooke recrute pour son club de
baseball, plusieurs autres joueurs Noirs font
partie de la ligue, un phénomène encore rare,
Jackie Robinson faisant ses débuts à Brooklyn
cette saison-là. Farnham mène le bal, entamant
une longue relation avec les Negro Leagues. Fred
Morefield (,322-7-34), Jimmy Johnson (,243-1-29)
et LeRoy Sutton (3-12) font partie intégrante de
l’équipe. St-Jean recrute ailleurs, du côté
asiatique. La guerre avec le Japon à peine terminée,
voici que Kaz Suga, ancien membre de l’équipe
niponne Asahi, de Vancouver, se retrouve au cœur
de l’alignement des Braves, frappant pour
,311-6-20.
Troisième cible :
les « Mexican Jumpers ». À la suite
de la fin de la guerre, les joueurs de baseball
abondent, mais le nombre de places dans les
majeures reste inchangé : le niveau de
talent explose et rapidement, deux millionnaires
mexicains, les frères Pasquel décident
d’attirer, à grands coups de liasses de
billets, des joueurs des majeures pour former une
ligue pouvant compétitionner avec les majeures.
17 joueurs des majeures et beaucoup plus des
mineures acceptent l’offre. Parmi ceux-ci, on
retrouve les Québécois Roland Gladu, Jean-Pierre
Roy et Stan Bréard. Après une première saison
fructueuse en 1946,
la ligue, qui avait des ramifications
politiques, commence à couper les vivres, et de
plus de plus de joueurs quittent, même si aux États-Unis,
ils ont été suspendus. Les premiers à trouver
du travail sont les Québécois, qui ont la Ligue
Provinciale dans leur cour. Roy revient parmi les
premiers et a le temps d’avoir une fiche de 12-5
avec St-Jean. Gladu revient à la fin de la saison
avec St-Hyacinthe. Celui-ci aurait vendu l’idée
aux dirigeants d’investir dans les salaires de
ces grosses vedettes, qui pourraient amener le
meilleur calibre et surtout les plus grosses
foules qu’ait jamais connu la ligue. C’était
trop tard pour 1947, mais l’idée allait faire
son chemin pour 1948.
Sur le terrain, Granby
devance St-Jean pour le championnat, mais en séries
les champions sont surpris en première ronde par
Drummondville, qui se rend en finale, mais est
battu par St-Jean.
Forts de cette saison
fructueuse, on corrige le tir en améliorant
l’organisation, notamment en embauchant plus
d’arbitres et en uniformisant l’horaire. Acton
Vale quitte la ligue, laissant six organisations
bien établies. Les différents propriétaires
commencent à délier les cordons de la bourse
pour la saison 1948.
À Sherbrooke, Roland
Gladu est engagé comme gérant et il amène avec
lui plusieurs de ses anciens coéquipiers au
Mexique et dans les ligues d’hiver : le
voltigeur Francisco Coimbre (,312-8-66), le
receveur Lauro Pascual (,232-2-35), le joueur
d’avant-champ Jorge Torres (,305-5-57) et les
lanceurs Rodolfo Fernandez (6-7) et Wilfredo Salas
(3-4) forment le contingent latino-américain de
l’équipe. En juin, s’ajoute à eux le
puissant cogneur cubain Claro Duany, qui devient
le Barry Bonds de la ligue, frappant pour
,365-27-90. À ce groupe se greffent les déserteurs
mexicains Adrian Zabala , ancien des Giants de New
York qui aura une fiche de 18-8, Paul Calvert,
lanceur québécois qui sera presque imbattable
(11-1) et le vétéran Ralph McCabe (10-5). Gladu
lui même est au sommet de sa forme (,368-11-78)
et mène l’équipe à un championnat facile en
saison régulière.
Le reste de la ligue
n’est toutefois pas en reste. À St-Jean, James
« Buzz » Clarkson, une vedette des
Negro Leagues qui aura une brève chance dans les
majeures avec les Braves en 1951, à 38 ans, défonce
la ligue en frappant pour ,408-31-75. Il forme un
duo remarquable avec Bobby Estalella, un déserteur
mexicain qui a une ligne tout aussi
impressionnante de ,374-24-95. Au monticule, le héros
local Jean-Pierre Roy est dominant (19-9), tout
comme son collègue Terris McDuffie, qui à 42 ans,
vient s’amuser et se prouver à lui-même
qu’il peut réussir, après avoir dominé
pendant 15 ans dans les Negro Leagues. Il a une
fiche de 19-8
au monticule, et un dossier de ,342-5-20 au
bâton. Roy, qui n’a pas été puni aussi sévèrement
que les autres déserteurs, car il n’était pas
sous contrat, est réintégré en août et quitte
la ligue, avant de revenir pour les séries.
St-Hyacinthe connaît
une deuxième moitié de saison endiablée, mené
par le vétéran Paul Martin (,356-16-74), de
retour au Québec après de bonnes années dans
les mineures. Il est épaulé au bâton par
l’ancien des majeures Connie Creeden
(,430-8-71), le receveur local Oscar Galipeau
(,304-16-55) et le vétéran des ligues mineures
Gene Nance (,335-14-91). Au monticule, Pete
Blumette (11-6), qui avait obtenu 20 retraits au bâton
dans un match la saison précédente, est de
retour comme as lanceur.
Granby a un alignement
beaucoup moins impressionnant, mais sa combinaison
de vétérans des ligues mineures, comme Joe
Monteiro (,358-13-110) et Ernie Balser (15-14) lui
permet de rester autour de ,500. La ligue regorge
alors de joueurs tentant de cacher leur identité,
peu de joueurs voulant être associés à une
ligue hors-la-loi. Ça semble être le cas de
celui qui se cache derrière le nom de Gene
Oliver, un premier-but qui serait sorti de nulle
part pour être nommé gérant de l’équipe,
frappant pour ,373-6-65.
Drummondville a aussi
un alignement plutôt terne, avec le lanceur Jimmy
Pearce (10-8 et une carrière dans les majeures à
venir) comme seul fait saillant. Mais, en fin de
saison, tout change alors que Stan Bréard et le
voltigeur Danny Gardella, en provenance du Mexique,
viennent donner un coup de main. Gardella, qui
avait frappé pour ,272-28-71 avec les Giants de
New York en 1945, deviendra célèbre pour le procès
qu’il intentera et gagnera finalement contre le
baseball majeur, au sujet de sa suspension.
Farnham ferme la
marche au classement, mais est une formidable
attraction. Ayant peu de moyens pour rivaliser
avec les autres en termes de salaires, l’équipe
se retourne vers les Negro Leagues d’où elle
tire parmi les meilleurs éléments. Joe Atkins
(,384-31-97)., Gabe Patterson (,365-9-28) ainsi
que les frères Dave (,365-27-93) et Willie
(11-15) Pope font l’envie de toutes les équipes
de la ligue.
En séries, les
nouveaux ajouts de Drummondville s’avèrent un
échec, l’équipe perdant en 3 matchs consécutifs.
Sherbrooke bat Granby et St-Hyacinthe fait de même
avec St-Jean en demi-finales. La finale s’avère
passionnante. Tirant de l’arrière 4-2 dans la série
5 de 9, les Athlétiques de Sherbrooke revinrent
de l’arrière pour forcer un neuvième et ultime
match. Devant ce qu’on appelle alors la plus
grosse foule de l’histoire du baseball à
Sherbrooke, soit 5147 spectateurs, Saints et Athlétiques
se disputèrent un match complètement fou le 27
septembre. Une mêlée générale éclata en deuxième
manche, impliquant les joueurs des deux équipes,
les arbitres, la police et quelques spectateurs.
Une fois l’ordre rétabli, les A’s prirent les
devants 9-7, avant de voir les Saints créer l’égalité
en 9e manche. Après deux retraits en
fin de 9e manche, les Athlétiques
mettent sur pied une poussée, Jorge Torres
faisant marquer Pierre Taillefer avec un simple
pour donner la victoire et le championnat aux Athlétiques.
Frustrés par leur expérience,
les membres de la direction de Drummondville
veulent mettre le paquet pour la saison 1949. Ça
tombe bien, car les déserteurs mexicains sont de
plus en plus isolés. Les équipes ambulantes de
Max Lanier sont boudées, sous peine de représailles,
et la plupart se retrouvent à faire d’autres
boulots pour survivre. C’est ainsi que
Drummondville peut signer Lanier (8-1), lanceur étoile
des Cards en 1943-44 et Sal Maglie (18-9),
relativement inconnu à l’époque, mais qui
avait encore 114 victoires dans les majeures dans
le bras. Tex Shirley (13-3), ancien des Browns,
complète la rotation aux Cubs. Du côté de
l’attaque, en plus du retour de Gardella
(,283-15-59), on amène un autre déserteur
mexicain, Roy Zimmerman (,247-22-73), en plus de
recruter des Negro Leagues le vétéran Quincy
Trouppe (,277-8-37), qui allait avoir une brève
chance avec les Indians quelques années plus tard
et les jeunes espoirs Victor Pellot, alias Vic
Power (,345-9-54), futur joueur-étoile des
majeures, et Roberto Vargas (12-9), qui passa la
saison 1955 dans les majeures.
Granby continue sa
stratégie d’attirer des vétérans des ligues
mineures, pas nécessairement des gros noms, mais
des joueurs qui auraient dû être dans les
meilleurs circuits mineurs. C’est suffisant pour
le deuxième rang. En plus de Monteiro
(,292-19-66) qui est de retour, on retrouve Bud
Kimball (,314-21-88) et John Cordell (14-11), en
plus du lanceur local Alfred « Duke »
Duperron (13-10).
Sherbrooke conserve
les services de Gladu (,305-19-81), Duany
(,290-22-99) et Zabala (8-6), en plus d’ajouter
Harry Feldman (2-4), Fred Martin (4-4), Ralph
Schwamb (4-4) et Ebba St-Claire (,290-8-58), tous
des vétérans du Mexique et des ligues majeures.
St-Jean perd Clarkson,
Estalella et Roy, mais compense en signant le vétéran
des Negro Leagues Quincy Barbee (,342-26-86), les
déserteurs mexicains Alex Carrasquel (1-4), Myron
Hayworth et Lou Klein (,265-1-3) et le vétéran
des majeures Don Savage (,299-7-40). Terris
McDuffie (12-10) est de retour comme as-lanceur et
pour attirer les foules. Chet Brewer, une autre légende
des Negro Leagues, vient aussi faire son tour
(fiche de 4-2).
À Farnham, Joe Atkins
(,253-21-71) et Dave Pope (,293-22-87) sont de
retour comme piliers de l’offensive, appuyés
par le jeune Al Armour (,348-8-67). Willie Pope
(12-10) est de retour au monticule.
La venue de Walter
Brown (9-11), qui était avec les Browns de
St-Louis la saison précédente, n’aide pas St-Hyacinthe,
qui chute en dernière place, malgré de bonnes
performances de Paul Martin (,316-4-47) et Gene
Nance (,289-15-62).
Tout fonctionne pour
le mieux pour la Provinciale, qui est constamment
dans les nouvelles partout en Amérique, d’abord
pour les signatures des gros noms, puis chaque
fois qu’il y a du nouveau dans les procès de
Danny Gardella et de Max Lanier et Sal Maglie
contre le baseball majeur. Finalement, tout éclate
le 13 juin, alors que le baseball majeur réadmet
les déserteurs mexicains.
Le président de la
ligue Provinciale Albert Molini se fait rassurant,
clamant haut
et fort que les joueurs sont heureux au Québec et
qu’ils y termineront la saison. Toutefois, la réalité
est tout autre : Sherbrooke perd dans les
jours suivants Zabala, Feldman et Fred Martin, Max
Lanier quitte Drummondville, alors que St-Jean
perd Carrasquel et Lou Klein, ce dernier rachetant
son contrat pour 1500$ après quelques matchs
seulement, retournant directement à St-Louis.
Toutefois, certains
restent, soit par manques d’offres dans le cas
des joueurs plus marginaux, soit, aussi surprenant
que cela puisse paraître aujourd’hui, parce
qu’on leur offre plus pour qu’ils restent ici.
C’est l’approche de Drummondville, auprès de
Gardella, Zimmerman et Maglie. Ce dernier aurait
reçu 15 000$ à 20 000$ pour terminer la saison
avec l’équipe, beaucoup plus que ce qu’il
aurait obtenu ailleurs.
La question de la
source de cet argent demeure ouverte. Les
communautés se sont ralliées derrière leurs équipes,
et on ne manque pas l’occasion de passer le
chapeau suite à une victoire importante, question
de donner les bons incitatifs à nos joueurs… Il
semble fort probable qu’une partie de cet argent
était issue des fortes sommes pariées sur le
match de la ligue. On retrouve de nombreuses
rumeurs sur l’implication des dirigeants de la
ligue dans ces réseaux de paris et de potentiels
matchs truqués. Le parcours de Drummondville en séries
illustre bien cette possibilité.
Sur le terrain, la
saison doit se poursuivre, et on veut maintenir
l’intérêt des amateurs, qui ont rempli les
stades depuis le début de la saison. On leur amène
quelques vétérans des ligues majeures sur la
pente descendante, question d’avoir quelques
noms connus, comme Johnny Corriden, Bill Brandt et
Lou Knerr à Sherbrooke, Charles Brewster à St-Hyacinthe
et Walt Signer et Glenn Gardner à St-Jean.
Sherbrooke retourne aussi dans ses racines
cubaines, attirant un joueur qui avait été
considéré par Branch Rickey pour être le
premier Noir dans le baseball organisé, Silvio
Garcia. Pas très doué défensivement et sans
position fixe (il joue partout à l’avant-champ),
celui qui roule sa bosse dans les ligues cubaines,
mexicaines et les Negro Leagues depuis une
douzaine d’années frappe pour ,315-4-76. La
puissance allait suivre dans les années suivantes,
Garcia se payant le luxe d’une triple couronne
dans la Provinciale dès 1950.
Les champions de la
saison régulière, Drummondville, triomphent
difficilement de St-Hyacinthe en demi-finale, qui
nécessite le maximum de 9 matchs. St-Jean sort
les champions défendant, Sherbrooke, alors que
Farnham voit ses efforts récompensés par des
victoires sur Granby, puis en demi-finale sur
St-Jean.
À la surprise de tous,
Farnham tient bon dans la finale, et pousse la série
à la limite de 9 matchs. Drummondville envoie son
as Sal Maglie au monticule contre le vétéran
Willie Pope. Farnham mène 1-0 en 7e
manche lorsque Drummondville explose pour 5
points, en route vers le championnat.
La notoriété et le
succès de la ligue fait en sorte que les
dirigeants ne peuvent plus ignorer les demandes
d’adhésion au baseball organisé. Le président
Albert Molini donne sa démission en échange du
statut de Classe C pour 1950.
Si la ligue obtient ce
qu’elle voulait, elle laisse de côté cette
grande liberté d’action qui caractérisa ces
belles années de la Provinciale. Après quelques
saisons de grande autonomie, la ligue tombera dans
le réseau des clubs-écoles qui allaient être
une cause importante de son déclin.
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