Society for American Baseball Research - Quebec

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L'histoire du baseball  au Québec

Québec et environs
Année Nom Ligue V D Rang Séries
1906 Lévis Canadienne 10 2 1er Champions
  Québec Canadienne 5 5 3e --
  Rock City Canadienne 0 7 5e --
1907 Rock City Canadienne 11 8 1er Champions
  Sans nom Canadienne 7 7 2e --
1908 Rock City / Lévis Quebec Central 1 4 3e --
1920 Sans nom Sans nom ND ND ND ND
1921 Sans nom Sans nom ND ND ND ND
1923 Bulldogs Eastern Canada ND ND 5e ND
1924 Bulldogs Québec-Ontario-Vermont 66 40 1er --
1938 Athlétiques Provinciale 18 35 6e --
1939 Athlétiques Provinciale 42 30 2e Champions
1940 Athlétiques Provinciale québécoise 44 35 2e Perdu ronde 1
1941 Athlétiques (1) Canado-américaine 55 67 5e --
1942 Athlétiques Canado-américaine 55 67 7e --
1946 Alouettes (1) Canado-américaine 41 79 8e --
1947 Alouettes (1) Canado-américaine 45 91 8e --
1948 Alouettes Canado-américaine 56 82 8e --
1949 Braves Canado-américaine 90 48 1er Champions
1950 Braves Canado-américaine 97 40 1er Champions
1951 Braves Provinciale 65 58 4e Finalistes
1952 Braves Provinciale 78 51 2e Champions
1953 Braves Provinciale 71 52 3e Champions
1954 Braves Provinciale 80 48 1er Champions
1955 Braves Provinciale 81 49 2e Champions
1958 Indiens Provinciale 17 11 3e Perdu ronde 3
1959 Indiens Provinciale 15 21 4e Perdu ronde 1
1960 Indiens Provinciale 23 9 1er Champions
1961 Indiens Provinciale 23 13 1er Perdu ronde 1
1962 Indiens Provinciale 22 20 2e Perdu ronde 1
1963 Indiens Provinciale 19 15 2e Finalistes
  Athlétiques Provinciale 10 25 4e Perdu ronde 1
1964 Indiens Provinciale 25 11 1er Champions
  Athlétiques Provinciale 8 28 4e Perdu ronde 1
1965 Indiens Provinciale 13 35 9e --
1966 Indiens Provinciale 26 20 4e Perdu ronde 2
1967 Indiens Provinciale 27 29 7e --
1968 Indiens Provinciale 36 24 4e Perdu ronde 2
1969 Indiens Provinciale 35 37 5e Champions
1970 Indiens Provinciale 35 37 4e Finalistes
1971 Carnavals Eastern 64 75 6e -
1972 Carnavals Eastern 75 64 4e -
1973 Carnavals Eastern 65 72 6e -
1974 Carnavals Eastern 76 64 1er Perdu ronde 1
1975 Carnavals Eastern 63 73 5e -
1976 Metros Eastern 78 59 3e -
1977 Metros Eastern 65 70 6e -
(1) Deux matchs nuls en 1941 en 1946, trois en 1947
Recherche: François Dupuis, Daniel Papillon et Christian Trudeau

L'histoire du baseball à Québec
PAR DANIEL PAPILLON

Lorsque l’on pense au sport et à la ville de Québec la première association qui vient à l’esprit est celle du hockey.  Pourtant l’histoire du baseball dans notre ville est très riche et très longue.  Plusieurs évènements ont marqué l’histoire de ce sport dans la vieille capitale. En voici les grandes étapes.

La première équipe professionnelle est celle des Bulldogs de Québec de la ligue « Eastern Canada ».  L’équipe jouait, à ce moment là, sur un terrain de la Pointe aux lièvres.  Cette première saison fut peu impressionnante et l’équipe termina au dernier rang.  Néanmoins la « graine » du baseball est semée.

Dès 1924, les Bulldogs connaissent leurs premiers succès.  L’équipe joue maintenant dans un nouveau stade, soit; le Parc Fontaine, situé sur la 3e Avenue près de la rivière St-Charles.  Québec est membre également d’une nouvelle ligue du nom de Québec-Ontario-Vermont.  Les Bulldogs finissent au 1er rang avec 15 parties d’avance sur les Royaux de Montréal.

À l’automne 1924, Québec est l’hôte de 2 parties d’exhibition mettant en vedette deux équipes des ligues majeures.  Les Giants de New York, qui viennent tout juste de perdre contre les Sénateurs de Washington en Série Mondiale, jouent contre les White Sox de Chicago.

Ces matchs furent disputés comme préambule à une tournée européenne.  En effet, John McGraw, gérant des Giants et Charles Comiskey, propriétaire des White Sox avaient décidé au cours de l’été 1924 de faire une tournée de promotion en Europe après la saison.

Les deux équipes sont arrivées à Montréal en train où elles ont joué deux parties d’exhibition les 12 et 13 octobre.  Après un autre voyage en train, 2 autres joutes furent disputées au Parc Fontaine de Québec les 14 et 15 octobre.  Les deux équipes s’embarquèrent par la suite sur le paquebot « MontRoyal » en direction de Liverpool, endroit où débutait leur tournée outremer.

Plusieurs vedettes et futurs membres du Temple de la Renommée du Baseball étaient du voyage, tels; Charles Comiskey, John McGraw, Art Nehf, Frankie Frisch, Johnny Evers, Casey Stengel, Muddy Ruel, Beauty Bancroft et plusieurs autres.

L’année 1924, qui avait été plutôt bien remplie, marque la fin d’une époque.  Québec se retrouve sans équipe de baseball professionnel.  Il y eu quand même au cours des années 30 quelques parties hors concours importantes contre des équipes américaines.  Notamment contre les « Chappies Johnson » une équipe de Noirs, comme on disait à l’époque, ou contre la « Maison de David ».  Ces parties avaient lieu la plupart du temps au Parc C.B. sur les berges de la rivière St-Charles près du stade Municipal ou encore à la piste de course.

En 1938, Québec est membre de la ligue Provinciale et l’équipe porte le nom d’Athlétiques.  Le stade municipal est encore en construction (voir section stade), les parties locales se jouent à l’hippodrome.  Quelques vedettes locales se retrouvent dans l’alignement, dont Roland Beaupré et Joe Bernard.

En mai 1939, les Athlétiques emménagent dans leur nouveau stade.  Ils ont également un nouveau gérant, Del Bissonnette, un franco-américain et ancien joueur vedette de 1er but des Dodgers de Brooklyn.

L’équipe revient en 1940 faisant toujours partie de la ligue Provinciale.  Roland Gladu, Bill Yocke et Lou Lépine sont les vedettes de l’époque.  La ligue éprouve cependant des difficultés et en 1941, Trois-Rivières et Québec se retrouvent dans la ligue « Canado-Américaine ».   Cette ligue est dirigée par le révérend Harold Martin.

De 1941 à 1950, Québec demeurera dans la ligue Canado-Américaine.  Cependant, la ligue, comme la majorité des ligues mineures, cessa ses activités pendant 3 ans durant la 2e guerre mondiale.  Avant la guerre, l’équipe portait toujours le nom d’Athlétiques, mais après, les nouveaux propriétaires baptisent l’équipe du nom d’Alouettes.  Nom qu’ils garderont pour les saisons 1946-47 et 48.  Durant cette courte période, l’équipe finira dernière à trois reprises.

La période suivante peut-être considérée comme étant l’âge d’or du baseball à Québec.  En 1949, le propriétaire de l’équipe, M. Ulysse Ste-Marie qui en a assez des insuccès, apporte plusieurs changements.  D’abord, on change de nom, dorénavant ce sera les Braves.  Puis on signe un nouveau gérant, Frank McCormick, vétéran 1er but du baseball majeur, principalement avec les Reds de Cincinnati.  McCormick a eu une très belle carrière dans le baseball.  Il fut nommé joueur le plus utile à son équipe dans la ligue Nationale en 1940.  Il participe également à plusieurs parties d’étoiles.

Le propriétaire des Braves, avec l’aide de son nouveau gérant, attire à Québec quelques vétérans des ligues mineures tels ;  « Butch » Lawing, « Moose » Shetler, Hal Erickson, Pete Elko ou Mike Fandozzi.  L’équipe se hisse au premier rang et les Braves sont champions de la ligue Canado-Américaine.

Le gérant Frank McCormick ne revient pas en 1950.  Il est remplacé par George McQuinn, un autre vétéran 1er but du baseball majeur, qui s’est illustré principalement avec les Browns de St-Louis et les Yankees de New York.  Le noyau de joueurs de l’équipe n’a pas été touché et l’équipe atteint de nouveaux sommets.  La fiche des Braves est de 97 victoires et 40 défaites, pour une moyenne de .708.  Ils sont à nouveau couronnés champions.

Pour des raisons strictement économiques, Trois-Rivières et Québec reviennent dans la ligue Provinciale en 1951.  Les Braves connaissent une moins bonne saison et l’équipe de George McQuinn s’incline en finale contre Sherbrooke.  Fait à souligner, cette saison représente la première où Québec est membre du réseau de la filiale des Braves de Boston.

Avant la saison, Georges Maranda un espoir de Lévis, avait signé un contrat avec les Braves de Boston.  Il fut assigné à l’équipe de Québec où il joua pendant 3 saisons. (1951-53).

Au cours des quatre saisons suivantes, les Braves ne gagnent pas moins que quatre championnats.  En plus des succès sur le terrain, Québec domine la ligue au chapitre des assistances à chaque saison.

Plusieurs joueurs marqueront cette époque des Braves.  Les Roger McCardell, Raymond Lagüe, Ed Charles, John Werner, Al Dumouchelle, Bill Robertson, Humberto Robinson, etc...  donnèrent des allures de dynastie aux Braves de Québec.  Un seul joueur cependant fut associé aux Braves pendant toute leur existence, il s’agit de Mike Fandozzi.  Il demeura avec les Braves pendant 7 saisons, refusant même d’être assigné à d’autres équipes.

Cette période fut marquée par quelques évènements importants pour la ville de Québec.  D’abord le 7 juillet 1953 le match des étoiles de la ligue Provinciale.  Les équipes affiliées aux équipes de la ligue Nationale affrontaient celles de l’Américaine.  Québec était représentée par 7 joueurs en plus du gérant George McQuinn.  L’équipe représentant la ligue Nationale l’emporta 6 à 5 en 11e manche.  La victoire va au lanceur des Braves de Québec, Raymond Lagüe.

Quelques jours plus tard, soit le 15 juillet 1953, les Braves de Milwaukee viennent jouer une partie d’exhibition à Québec.  Une foule enthousiaste de 7 368 spectateurs se présente au stade pour assister à la partie.  Ils auront droit à une partie sans point ni coup sûr.  En effet, les six lanceurs des Braves de Milwaukee réussissent cet exploit dans une victoire de 8-0.

Les Braves de Milwaukee forment une très bonne équipe et plusieurs vedettes composent leur alignement.  Ainsi, les gens de Québec ont pu voir évoluer les; Joe Adcock, Johnny Logan, Andy Pafko, Eddie Mathews et Warren Spahn.  Ces deux derniers sont maintenant membres du Temple de la Renommée du Baseball.

En juillet 1954, Québec reçoit la visite des Harlem Globe Trotters dans un match hors concours contre la Maison de David.  Aujourd’hui, les Harlem Globe Trotters sont connus pour leur équipe de basketball, mais pendant plusieurs années, ils ont eu également une équipe de baseball.  En 1954, la vedette de l’équipe était Satchel Paige.  Pour ce qui est de l’équipe de la Maison de David, elle fait des tournées depuis 1919 et elle était venue à Québec à quelques occasions auparavant.

L’été 1955 est marqué par une autre visite des Braves de Milwaukee.  Pour cette occasion des estrades supplémentaires sont ajoutées, on attend une foule de près de 10 000 personnes.  La partie a eu lieu le 31 mai et un froid quasi sibérien ramène le nombre de spectateurs à 5 400.

La partie se termine en 11e manche et c’est Bobby Thompson qui donne la victoire aux Braves de Milwaukee.  Le même Thompson qui avait donné une victoire mémorable quelques années auparavant aux Giants de New York. 

Un seul circuit frappé lors de cette rencontre et ce fut par Hank Aaron qui allait devenir le roi des coups de circuit.

Après la saison 1955, malgré des succès très intéressants pour Québec, la ligue Provinciale cesse ses opérations. L’avènement de la télévision aura des répercussions importantes sur le nombre d’équipes et de ligues mineures partout aux États-Unis et au Canada.

De 1955 à 1970

Cette période est caractérisée par deux choses, d’abord l’absence de baseball dit « professionnel » à Québec et l’acharnement d’un homme pour la survie de ce sport ici.  En effet, Hughes Beaudoin déploiera beaucoup d’efforts pour que durant ces années, la ville de Québec ait une équipe de baseball.

Il fit revivre, sans beaucoup de succès, le nom des Alouettes avec une équipe dans la ligue Québec District, puis les Indiens renaissent.  Ils joueront dans une nouvelle ligue, soit la ligue de Mauricie.

Son existence sera très courte et les Indiens reviennent dans la ligue Provinciale.  Le calibre de cette ligue n’est pas le même qu’il y a quelques années.  Les joueurs ne sont pas des professionnels et la très grande majorité sont québécois francophone                          

La ligue s’appelle Provinciale, mais la province est divisée en deux.  Aucune équipe de la région de Montréal n’est représentée dans cette ligue.  Il faudra attendre encore quelques années pour voir la fusion des deux grands circuits provinciaux.

En 1960, les Indiens battent les Royaux de Drummondville en finale et sont couronnés champions de la ligue.  Par la suite, la ligue connaît certaines difficultés et Québec doit se doter d’une deuxième équipe, les Athlétiques, pour assurer la survie de la ligue.              

En 1965, la ligue Provinciale fusionne avec celle des Cantons de l’Est.  Au milieu de cette saison, le gérant Ed Lyons et quelques joueurs américains débarquent à Québec.  Le calibre de jeu s’améliore et les assistances aussi.  Pour la saison 1966, on accorde le droit aux 9 organisations de la ligue de mettre sous contrat 6 joueurs américains chacune.  Par la suite, ce plafond augmentera et à la dernière saison de la ligue, soit en 1970, presque tous les joueurs francophones auront disparu. 

Trois-Rivières et Québec qui étaient les deux villes qui attiraient le plus de spectateurs dans la Ligue provinciale des années 60, font un retour dans le baseball organisé en 1971.  En effet, ces deux villes qui ont une histoire de baseball très similaire obtiennent chacune une franchise dans la ligue Eastern (calibre AA).

Les efforts de Hughes Beaudoin pour garder le baseball bien vivant à Québec sont récompensés lorsque les Expos de Montréal choisissent Québec pour établir leur filiale de niveau AA.

L’équipe portera les noms de Carnavals de Québec de 1971 à 1975 et de Métros pour les deux dernières saisons.  Malgré une existence relativement courte, ces organisations produiront une multitude de joueurs qui feront leur marque dans les ligues majeures.          

Les premières vedettes sont Pepe Frias, Pepe Mangual et Bombo Rivera (1971).  L’année suivante un nouveau gérant s’amène Karl Kuehl (il deviendra gérant des Expos en 1976), l’équipe est composée de plusieurs joueurs qui gradueront dans les majeures, tels;  Barry Foote, Tony Scott, Jerry White, Larry Lintz, Balor Moore, Dale Murray et Dan Warthen.

L’édition 1973 des Carnavals permettra aux québécois de découvrir deux futures grandes vedettes des Expos de Montréal.  Steve Rogers et Gary Carter font escale à Québec.  La route de Carter est encore bien longue et elle le mènera jusqu’à Cooperstown où il fut intronisé au Temple de la Renommée du Baseball en 2003.  Quant à Steve Rogers, il fut le lanceur partant numéro un des Expos pendant plusieurs saisons en plus de participer à quelques parties d’étoiles.

En 1974, Les Carnavals sont champions de leur division.  Ils alignent d’excellents prospects en particulier chez les voltigeurs.  Jerry White revient pour une courte période, le reste du champ extérieur est composé de Warren Cromartie, Ellis Valentine, Tony Scott et Bombo Rivera.  Larry Parrish connaît également une bonne saison au troisième but.  Au monticule, Bill Atkinson, Joe Gilbert et à nouveau Dan Warthen sont les noms à retenir.                             

L’année suivante, Gary Roenicke,  un autre voltigeur connaît une bonne saison.  Du côté des lanceurs, Joe Kerrigan présente une m.p.m. de 0.68 en 53 manches lancées.  Kerrigan connaîtra éventuellement une belle carrière comme instructeur des lanceurs dans le baseball majeur.  Sur le plan administratif, l’équipe connaît quelques problèmes financiers.  Un nouveau propriétaire arrive, M. François Bonetto et l’équipe prend le nom de Métros.

La saison 1976 est marquée par la première saison de 20 victoires pour un lanceur de l’organisation des Expos.  Gerald Hannahs des Carnavals de Québec finit l’année avec une fiche de 20-6.  Shane Rawley et Dan Schatzeder sont deux autres lanceurs qui connaîtront du succès par la suite.  Chez les joueurs, André Dawson fait un court séjour à Québec, mais il est promu très vite à Denver.  Tony Bernazard jouera la première de ses deux saisons à Québec.  Il connaîtra une belle carrière principalement avec les White Sox de Chicago.

La dernière saison des Métros est sans éclat.  Tony Bernazard et Dan Schatzeder sont de retour.  Seul Steve Ratzer et Bobby Goodman semblent voués à un bel avenir (les deux joueurs auront des carrières décevantes par la suite).

Après la saison 1977, les Expos quittent Québec et Cincinnati font de même à Trois-Rivières.  Mis à part les Expos de Montréal, le baseball professionnel disparaît de la province de Québec.  Seul le baseball junior demeure.  Il faudra attendre 22 ans avec la venue des Capitales de Québec en 1999. 

 

L'histoire des Braves de Québec (1949-1955)
PAR DANIEL PAPILLON

De 1949 à 1955, la ville de Québec fut représentée dans le baseball professionnel pas les Braves de Québec.  D’abord dans la ligue Canado-Américaine (1949-50), puis dans la ligue Provinciale (1951-55).  Durant cette période, l’équipe connut un succès fulgurant.  La formation québécoise sortait d’une série de trois saisons où elle avait croupi au dernier rang de la ligue Canado-Américaine.

M. Ulysse Ste-Marie, propriétaire de l’équipe, décida, au terme de la saison 1948, que son équipe avait connu assez d’insuccès.  Il commence par changer le nom de l’équipe; dorénavant les Alouettes s’appelleront les Braves.  Il met fin également à son association avec les Giants de New York. Il faut dire que l’organisation new-yorkaise ne s’était pas montrée très généreuse dans l’envoi de joueurs de talent à Québec.  Redevenus indépendants, les Braves changent de philosophie, Ste-Marie veut du succès et ce, rapidement.

Plusieurs vétérans des ligues mineures et quelques uns des ligues majeures sont embauchés.  D’abord un nouvel entraîneur, Frank McCormick, ancien premier but vedette des Reds de Cincinnati.  Il s’était également illustré avec les Phillies de Philadelphie et les Braves de Boston avec qui d’ailleurs, il venait tout juste de participer à la Série mondiale de 1948.

Sa carrière dans la ligue Nationale fut des plus intéressantes.  Il a joué plus de 1500 parties et a maintenu une moyenne au bâton de .299.  Il a participé à 3 séries mondiales (1939, 1940 et 1948), remportant celle de 1940.  Il a également pris part à 6 parties d’étoiles et fut élu le joueur le plus utile à son équipe dans la ligue Nationale en 1940.

Sous la tutelle de McCormick, les Braves remportent 90 victoires en 1949, soit 34 de plus que la saison précédente.  Ils sont couronnés champions de la ligue Canado-Américaine, remportant leurs 8 parties d’après saison sans subir de défaites.

McCormick n’aura fait que passer.  En 1950 il quitte et cède sa place à George McQuinn, un autre vétéran premier but des ligues majeures (principalement avec les Browns de St-Louis et les Yankees de New York).  Sous la gouverne de McQuinn (1950 à 1954) les succès s’accumulent.

L’édition de 1950 des Braves de Québec fut honorée en 2002 à l’occasion du 100e anniversaire de « Minor League Baseball » (précédemment National Association).  Un classement des 100 meilleures équipes des ligues mineures de tous les temps fut établi par les historiens Bill Weiss et Marshall Wright,  les Braves de Québec de 1950 ont décroché le 96e rang.

L’équipe termina la saison avec un dossier de 97 victoires et 40 défaites (moyenne .708) et mena la ligue également pour la moyenne au bâton et celle des points mérités.  Fait à noter, l’équipe reçu un total de 1 009 buts sur balle, soit à peu près un but sur balle à toutes les 5 présences au bâton.  Garland « Butch » Lawing qui avait joué quelques parties en 1946 avec les Reds de Cincinnati et les Giants de New York fut l’étoile de l’équipe au bâton (.346 ,19 ,141), au monticule 2 lanceurs remportèrent 20 victoires, soient; Fred Belinski 22-6 et Hal Erickson 20-7.  Ce dernier réussit à se tailler une place avec les Tigers de Détroit en 1953 à l’âge de 34 ans.

Pendant la saison morte, une entente intervient entre la ligue Provinciale et la ligue Canado-Américaine, ainsi, les équipes de Trois-Rivières et Québec passent à la ligue Provinciale.  Des raisons économiques, principalement les coûts de transport, motivent ce transfert.

La saison 1951 est un peu plus difficile pour les Braves.  Ils terminent au 4e rang du classement de la ligue Provinciale avec une fiche de 65 victoires et 58 défaites.  Néanmoins, ils participent aux séries éliminatoires et battent Granby 4-0 dans la première ronde.  Ils s’inclinent cependant en finale 4-1 contre les Athlétiques de Sherbrooke.

Carlton Willey des Braves de Québec, et plus tard des Braves de Milwaukee, domine la ligue avec une moyenne de points mérités de 1.95.  Un événement important survient cette année-là dans la ligue Provinciale.  Sam Bankhead (frère de Dan Bankhead des Dodgers de Brooklyn) est embauché comme joueur-gérant par les Pirates de Farnham.  Il devient ainsi le premier gérant noir dans le baseball organisé.

En 1952, les Braves connaissent une bien meilleure saison.  Ils terminent la campagne au 2e rang avec un dossier de 78 victoires et 51 défaites.  À la suite des séries éliminatoires, les Braves réussissent à redevenir champions et ce, pour une troisième fois en 4 ans.  Ce ne fut pas sans difficultés cependant.  En effet, Québec arrache la victoire au Yankees de Trois-Rivières lors de la 7e partie de la demie-finale et fait la même chose en finale contre les Athlétiques de St-Hyacinthe.

La saison suivante, l’équipe glisse au 3e rang de la ligue Provinciale avec une fiche de 71 victoires et 52 défaites.  Les Braves conservent néanmoins leur championnat en battant d’abord Sherbrooke (4-1) et ensuite Granby (4-3).  Deux joueurs des Braves se retrouvent parmi les meneurs de la ligue, soient; John Werner avec 118 points produits et le lanceur Al Dumouchelle avec une moyenne de points mérités de 2.29.

Le 15 juillet 1953, les Braves de Québec accueillent leurs grands frères de la ligue Nationale, les Braves de Milwaukee.  En effet, une partie d’exhibition est organisée entre les deux clubs à l’occasion de la pause du match des étoiles de la ligue Nationale.  Les Braves de Milwaukee l’emportent facilement au compte de 8 à 0 devant 7 368 spectateurs. Les six lanceurs qui défilèrent au monticule pour Milwaukee (Spahn, Bickford, Burdette, Surkont, Wilson et Jay) n’accordèrent aucun point et aucun coup sûr.

Le dernier lanceur utilisé par Milwaukee était un jeune espoir du nom de Joe Jay.  Il n’avait que 17 ans et en était à son 1er match dans le baseball organisé.  Il n’accorda qu’un seul but sur balle à Québec lors des 4 dernières  manches.

En 1954, les Braves de Québec connaissent une excellente saison et terminent au 1er rang de la ligue Provinciale avec 80 victoires contre 48 revers.  Pour une troisième saison d’affilée, les Braves sont champions de la ligue.  Pour ce faire, ils ont du défaire d’abord Trois-Rivières (4-3) et ensuite Drummondville (4-2).

Le diminutif Mike Fandozzi qui joue à Québec depuis 1949, connaît une saison du tonnerre.  Il termine au premier rang de la ligue pour la moyenne au bâton, .338, les points marqués 110 et le nombre de coups sûrs 123.  Chez les lanceurs, le jeune Matt Peoplis domine au chapitre de la moyenne de points mérités (2.34) et des retraits au bâton (220).

Après 5 saisons passées à Québec, le gérant George McQuinn obtient une promotion avec les Crackers d’Atlanta.  Pour lui succéder, on choisit le vétéran joueur d’utilité des Braves de Boston et de Milwaukee, Sibby Sisti.  Les Braves connaissent une autre excellente saison avec 81 victoires et 48 défaites, mais terminent, malgré tout, au 2e rang derrière les Canadiens de St-Jean.  Lors des séries d’après saison, Québec affronte d’abord Trois-Rivières et l‘emporte 4 à 2.  En finale, les Braves défont les surprenants Athlétiques de Burlington ( 4-1 ) qui en étaient à leur première saison dans la ligue Provinciale.

Sur le plan individuel, le voltigeur des Braves, Bill Robertson connaît une saison remarquable.  Il est champion frappeur avec une moyenne de .342 et termine premier pour les coups sûrs (173) et les points produits (108).

À la fin du mois de mai 1955, les Braves de Milwaukee vinrent jouer une autre partie d’exhibition contre ceux de Québec.  Le match nécessite 10 manches et les Braves de Milwaukee gagnèrent (5-3)  sur un coup sûr de Bobby Thomson.  Les spectateurs eurent droit qu’à un seul coup de circuit pendant la rencontre et il fut frappé par le futur roi des quatre buts, Henry Aaron.

Un incident qui aurait pu être tragique est survenu au-dessus de Montréal quand l’avion qui amenait les Braves de Milwaukee à Québec a failli entrer en collision avec un chasseur de l’aviation canadienne.  L’histoire du baseball aurait été sans contredit bouleversée.  Quelques futurs membres du Temple de la Renommée se trouvaient à bord de l’avion.  Eddie Mathews et Hank Aaron commençaient à peine leur carrière.

Après la saison 1955, la ligue Provinciale cessa ses activités.  Les Braves de Québec auront existé pendant 7 ans.  Ils furent champions de leur ligue à 6 reprises accumulant 562 victoires contre seulement 346 défaites jouant ainsi pour une moyenne de .619.

L’équipe connut également beaucoup de succès au guichet du stade Municipal, attirant durant cette période 838 550 spectateurs, pour une moyenne de près de 120 000 par année.  À chaque saison, Québec a dominé sa ligue au chapitre des assistances.

Ce fut sans aucun doute, la période de gloire du baseball professionnel à Québec.  

Les joueurs
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